A Dalma in London

lundi 23 octobre

C'est déjà Noël!

Enfin presque.

Enfin dans nos coeurs c'est toujours un peu Noël, quoi.

C'est surtout le moment où je te dévoile ma collection annuelle de Rudy en slips pour avoir le temps d'imprimer, empaqueter et t'envoyer tout ça à temps pour que tu contactes tes proches avec une belle carte.

De Rudy.

En slip, donc.

Lecteur futé, tu reconnaitras les dessins de l'année dernière. Cette fois-ci mis en couleur par votre serviteur. (Je crois que ça m'a un peu trop minée de ne pas pouvoir mettre en couleur moi-même).

Par contre il y a aussi des surprises, regarde bien!

(Et n'oublie pas que tu peux cliquer sur TOUTES les images pour les voir en plus grand).

Attation, désolée de te mettre la pression, mais toutes les commandes doivent être passée avant mercredi soir 20h. Je propose des prix quasi coûtants parce qu'il y a une réduction sur le site de l'imprimeur. Après ça tout serait majoré de 30% et ça serait bien nul.

Rudy est un être calme et effacé. Non je plaisante, Rudy est Rudy.

Carte 1: Ta-daaaaaa

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Aucun sapin n'a été maltraité pendant la décoration qui va suivre.

Carte 2: Passe-moi la guirlande, j'ai une idée rudement bath'!

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La modestie c'est pour les faibles, pas de ça pour Rudy.

Carte 3: Rudy est fashion

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Non, il n'y aura jamais une collection de cartes de Noël sans un gâteau géant et bizarre.

C'est la politique de la maison.

Carte 4: J'ai faim

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Tu avais oublié le Mouton Noël? Le Mouton Noël a pourtant pensé à toi! (Il t'as apporté un pull en acrylique vegan).

Carte 5: Joyeux Noël

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La première surprise, c'est que cette année j'ai refait des autocollants!

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Voici une photo de ceux des années précédentes pour que tu te fasses une idée de la taille et de la qualité:

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30 designs différents dans un carnets de 90, pour que tu puisses en coller partout et répandre la bonne humeur autour de toi.

Mais la VRAIE surprise, celle qui me fait me relever la nuit, c'est que j'ai eu envie de faire des mini cartes!

Et ça m'excite vachement parce que j'ai une vie assez ennuyeuse au quotidien j'ai bien hâte de m'en servir pour décorer mes propres paquets cadeaux.

Chaque carte mesure 7cm x 2.8cm (d'où la forme étrange et allongée). Tu peux soit la coller sur ton paquet cadeau, soit y faire un trou avec une perforatrice et passer un bout de bolduc. Le verso de chaque carte est comme suit:

verso 

Tu peux donc écrire le nom de la personne à qui tu offres ton cadeau! (Mine de rien ça aide beaucoup, une fois que tout est emballé et que tu ne t'y retrouves plus dans toutes ces formes rectangulaires). 

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J'ai trouvé cette photo sur le site de l'imprimeur, pour que tu te fases une idée: (une mini carte fait la moitié d'une carte de visite normale).

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Les prix? 1,70 euros la carte (livrée avec une enveloppe rouge assortie).

Celles des années précédentes que tu peux trouver en cliquant ici sont à 1,50 euros (avec une enveloppe aussi).

Les autocollants coûtent 6 euros le carnet de 90. (30 designs différents, 3 exemplaires de chaque).

Les mini cartes coûtent 4,50 euros le paquet de 25. (25 designs différents)

Je calculerai ensuite les frais de port mais c'est du tarif lettre donc ça va.

Pour passer commande, un petit mail à clafoutissimo[@]gmail.com, ou un commentaire sous cette note de blog!

Merci de votre soutien et de votre fidélité depuis toutes ces années. Avec mon stress habituel et mes boulots complètement épuisants chaque année je ne suis pas sûre de pouvoir dessiner, mais chaque année je me motive si fort parce que je sais que l'énergie et le temps passé à faire ces cartes me revient au centuple quand vous décidez d'envoyer mes petits personnages à vos proches et vos amis.

Répandre du mouton irlandais à travers la planête; quelle belle mission festive!

(Merci).

 

Posté par _ Aurelia _ à 21:50 - Commentaires [3] - Permalien [#]

Anciennes cartes à commander

Ceci n'est pas une note de blog, c'est une liste des anciennes cartes à commander. Utilise le numéro de chaque carte pour passer commande!

Les cartes ci-dessous coûtent 1,50 euros et sont livrées avec une enveloppe;

Carte 6:

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Carte 7:

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Carte 8:

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Carte 9:

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Carte 10:

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Carte 11: (pas de cadre noir pour les prochaines cartes, c'est juste pour la présentation sur mon blog)

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Carte 12:

preview impression moutons new year

Carte 13:

preview impression Rudy cookies

Carte 14:

preview impression Rudy country et chien

Carte 15:

preview impression rudy vin chaud

Carte 16:

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Carte 17:

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Carte 18:

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Carte 19:

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Le carnet de 90 autocollants coûte 6 euros:

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 Et voilà!

Retour à la note du jour pour la nouvelle collection! 

Posté par _ Aurelia _ à 12:38 - Commentaires [2] - Permalien [#]
vendredi 02 juin

Le goût de la roquette

Mercredi, 10h30:

Depuis mars dernier j'ai un Fitbit. Ce petit bracelet compte mes pas et traque mes battements cardiaques, calculant combien de calories je brûle et si mon sommeil est agité ou non. 

On ne m'otera cependant pas de l'idée que le truc le plus rigolo dans Fitbit c'est la prononciation, on dirait toujours qu'on dit vaguement "p'tite bite" et c'est assez cool.
Tu le sais, qu'on est censé faire 10 000 pas par jour, pas vrai? Comme toutes les recommandations sanitaires un peu artificielles ça ne correspond à rien ni à personne mais, hier, saches que j'ai marché plus de 23 000 pas (soit un peu plus de 16km) et que ça faisait un peu mal dans les guibolles sur le chemin du retour. (Une journée normale au boulot je peux ne faire que 6000 pas, alors souvent je descends du train plusieurs arrêts en avance pour arriver au compte)(c'est un peu ridicule mais ça m'occupe, alors que veux-tu).
Ce qu'il faut surtout retenir c'est qu'hier, enfin, il faisait beau. Et après ces quelques jours de pluie et de froid, sur un malentendu ça m'a quasi redonné foi en l'humanité, c'est dire comment le manque de vitamine D fait mal.

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Je suis partie de chez moi vachement tôt (11h)(j'ai pensé à vous dire que j'avais un petit peu du mal à me bouger le matin?) et j'ai atterri avec joie au Musée d'Histoire Naturelle où j'ai passé trois heures à séparer les animaux en deux catégories : les punks, qu'on reconnaît à leur crête, les non-punks, qu'on reconnaît parce que je les prend en photo quand même. (J'avais mon petit dalma en peluche, car sortir un animal mou de mon sac, le poser sur un rebord de reconstitution de dinosaure, prendre une photo et partir en ricanant c'est un peu mon dada).

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14h45:

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Une histoire drôle : le grand dino debout sur cette photo a été découvert en 1904 par des cow-boys, ils l'ont vendu au cirque Barnum pour $250 et un six-coup. Sacrés cow-boys. En conséquence de quoi, vendre leur pays à un milliardaire sociopathe ne doit pas les déranger plus que ça. Ce pays est tellement cool. #not
Quand je suis sortie du musée je suis allée à Central Park pour dire coucou aux écureuils et après une petite heure de marche je me suis replongée dans la grande ville. Central Park c'est vraiment comme aller à la surface, prendre une grande gorgée d'air puis repartir en apnée dans la ville qui pue. Je me sentais comme le Grand Bleu en baskets Nike, quoi.
16h35:
Grâce à mon sens de l'orientation proche de l'Ohio j'ai réussi à tripler le parcours de la ballade prévue, tellement même dans une ville en plan à damier je suis fichue de partir bravement dans toutes les mauvaises directions qui s'offrent à moi.
J'ai sans doute attrapé deux cancers et demi, à manger de la pollution par chaque pore de mon être, mais j'ai aussi fait des jolies photos que je montrerai peut-être un jour, j'en avais pris des sympas aussi en octobre dernier et elles hibernent toujours quelque part dans mon disque dur.
18h55:
Après avoir traversé Manhattan de part en part j'ai voulu retourner au Grey Dog. Pour plus de toasts et plus de frites. Mais c'était complet...
J'ai donc erré sans but et en pleurnichant jusqu'à tomber sur une pâtisserie française (Maison Kayser, est-ce que les Parisiens ou les Lyonnais connaissent?) où j'ai acheté une tarte aux pommes plus française que ça tu meurs.

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C'est dans des moments comme celui-là que je me dit que je ne rentrerai jamais en France. Si tu peux avoir la tarte abricots rôtis crème de pistache avec vue​ sur le Flat Iron building, pourquoi se fatiguer à revenir dans un pays plein de gens que je comprends quand ils parlent?
Car le voilà, le secret de mon expatriation réussie. Les Anglais sont sans doute tout aussi débiles, racistes et casse-pompons que nous quand ils causent. Mais en fermant bien les oreilles, eux, je ne les comprends pas.
(C'était "Les voyages forment la jeunesse et de toute façon moi j'aime pas les gens", une rubrique proposée par Aurélia Dalma qui, donc, n'aime pas les gens).

Posté par _ Aurelia _ à 05:10 - Commentaires [0] - Permalien [#]
jeudi 01 juin

Adieu veaux, vaches, cochons

(Petite note de début: je galère très fort à poster depuis mon téléphone, je n'arrive pas à faire de liens et charger une photo prend des heures. Quand je rentrerai à Londres je reviendrai indiquer les bonnes adresses, avec lien vers les sites internet et des plans de New-York un peu plus jolis que ça)(promis, juré, craché, ptoui).
Mardi, midi:
Être réveillée depuis 6h15 et ne partir de chez moi que maintenant? C'est possible...
Pluie+froid+j'ai pas pris de manteau parce que je pensais qu'il ferait bon en mai+grosse fatigue+hier c'était cool mais je me suis endormie à minuit ont fait que ce mardi sera en mode ralenti.
12h45:
Le métro de NY est la 11e plaie d'Égypte je pense. Là, on est bloqués comme des lampions à 20 mètres sous terre et même si le chauffeur crachote des explications dans le micro c'est toujours aussi relou. Fière de moi, j'arrive à comprendre tout ce qu'il dit. Ce qu'il dit surtout, c'est que j'ai intérêt à descendre au prochain arrêt, même si c'est celui d'avant ma destination, parce qu'après ça va être l'Enfer de Dante durant un jour sans.
Je ne me fais pas prier et sors à l'air libre. Et me fais saucer la djeule. Mais alors bien, hein.
J'ai faim, j'ai froid, il pleut dans mes baskets, mes chaussettes font floc floc, la tristesse est totale.
Alors que je suis en train de me perdre dans une rue non indiquée je vois un couple de gens un peu âgés qui regarde un menu. Je regarde ce qui se trouve derrière ledit menu: une bien jolie devanture de troquet festif.

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Moi, j'ai une théorie: si tu veux manger un truc bon il faut regarder à travers la vitrine et faire la moyenne d'âge des gens présent. Plus il y a de vieux, plus ça a de chances d'être delicieux, parce que les jeunes ça peut manger du carton bombé à la peinture dorée, mais après un certain âge on se méfie.
Je lève alors les yeux vers l'enseigne: The Grey Dog. 
Tout cela m'inspire confiance: je passe la porte
13h12:
Joie, bonheur, country music et frites, peu de mots peuvent décrire comment je me sentais à ce moment-là​, et je viens justement de les utiliser.
J'ai mon app Mapstr bourrée de bonnes adresses trouvées dans des guides ou sur la toile, mais rien ne peut me rendre plus heureuse que de découvrir un chouette coin moi-même.
Ce petit café à la musique un peu trop forte et aux frites méga croustillante, avec son poster "Willie Nelson for President" et le reste de sa déco uniquement kitsch et pleine de chiens, je le conseille très fort.

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J'y ai englouti les plus chouettes toasts à l'avocat de ma jeune vie, et j'ai commencé ma grande série de photo "tu l'as vu mon Dalma en peluche" que je compte bien poursuivre encore un peu..
Le reste de la journée ne fut pas très flambant, il faisait tellement froid et mauvais que je me suis réfugiée dans des magasins pour passer le temps. À "Fishs Eddie", un magasin de trucs pour la maison que j'avais découvert la dernière fois et que j'adore. Tout y est beaucoup trop cher et inutile, mais moi la vaisselle c'est ma grande passion. J'ai même acheté un pot bleu qui ne sert à rien, parce qu'il était en extra solde à $5. Parfois, je me fatigue toute seule.

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J'ai perdu un peu de temps à la librairie Barnes&Noble aussi, mais tout ce que j'ai acheté c'est une carte postale pour mes Papa/Maman et je suis désolée les gens, mais il s'avère que ce voyage à New-York correspond avec ma plus grosse crise de décroissance à ce jour, je n'arrive pas à faire de shopping, tout est vain et je ne vous rapporte que dalle.
Un truc, d'ailleurs, m'a fait un peu réfléchir.
Il y a 12 ans j'étais à Florence avec ma famille, et j'avais acheté un petit set de papeterie dorée sur tranche parce qu'il semblerait que le papier à lettres joli soit une spécialité de cette partie-là de l'Italie.
Ce set, bien trop chouette pour être utilisé, dort depuis 12 ans sur mon bureau.
Ce set, il est là sous les yeux, à Union Square en plein coeur de New-York.

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Acheter de la papeterie florentine quelque part du côté du Flat Iron District? Manger au burger au McDo de Firenze (car c'est mon frère qui m'y avait trainée)? J'aurais donc fait les deux.
C'est encore un peu flou dans ma tête, mais ça m'aura beaucoup fait avancer sur le chemin du "j'arrête d'acheter des trucs, parce qu'à la fin ça ne sert plus à rien".

 

 

Posté par _ Aurelia _ à 15:27 - Commentaires [1] - Permalien [#]
mardi 30 mai

Ciel, mes maris!


Quand je suis allée à New-York en octobre dernier je savais que Woody Allen jouait tous les lundis dans un club de jazz de l'Upper East Side, le Carlyle Cafe, qui fait lui-même parti du Rosewood hotel. 

J'avais trouvé les informations sur internet, avait fait une mini crise cardiaque devant les prix de réservation, avait décidé que c'était quand même un truc à faire au moins une fois dans une vie, avais tenté de réserver une table, m'étais faite renvoyer dans mes filets parce qu'ils n'acceptent pas de réservation pour les gens seuls. 
Pas d'amis, pas de jazz!
La seule solution c'était d'arriver extrêmement en avance et d'espérer avoir une place debout au fond de la salle près du bar, avec vue sur les riches assis aux petites tables devant, et sur la scène, et sur les musiciens.
Honnêtement, la salle étant super petite, on passe un chouette moment quand même.
Je me suis donc retrouvée à tenter de faire la queue trois heures avant l'ouverture des portes au milieu d'une foule terriblement passive-agressive (il s'agit du système "premier arrivé-premier servi", du coup les gens sont prêts à se manger les uns les autres pour ne pas perdre leur place).
Comme à chaque fois que je vais voir un film de Woody Allen j'ai l'impression de plonger dans une dimension parallèle où les gens dont ils se moquent le plus, dont il dénoncent les hypocrisies d'une façon sans appel, semblent être des plus grands fans. 
Je ne vais pas me désigner comme fan, du coup, mais depuis  "Meurtre Mystérieux à Manhattan" que ma mère m'avait emmené voir quand j'avais 11 ans je crois, j'ai vu et revu énormément de ses films (parfois, sur un malentendu, j'en comprends même un bout ou deux). J'ai lu des livres et des interviews et ce qu'il dit me parle beaucoup, me fait réfléchir, m'accompagne aussi. 
"Match Point" est un chef-d'œuvre absolu, "Scoop" est à hurler de rire, je ne me lasse pas du bel hommage de "To Rome with Love" aux maîtres italiens et "Midnight in Paris" est d'une telle délicatesse. Pour parler des films plus anciens j'ai du voir "Manhattan" trente fois (pour la photo de Gordon Willis)(en gros je ne suis à New-York que pour ça), puis je conseille aussi "Annie Hall" ou "Tombe les filles et tais-toi", qui sont un peu le parfait manuel du couple (si tu souhaites tout rater bien sûr).
Un jour, je me dis que j'aurai l'âge pour regarder "Crime et délits".
Pour en revenir à octobre dernier il y avait des gens normaux et calmes, dans cette file sans fin, mais bien sûr ce n'était pas eux qui me marchaient dessus, piaillaient des inepties à tue-tête et me donnais envie d'être née dans un autre siècle sur une autre planète.
Cette foire d'empoigne feutrée s'est terminée quand tout le monde, au compte-goutte et alors que le concert avait déjà commencé, a finalement pu rentrer.
Le concert? Eh bien... Il fallait y être. Une petite salle, un club de jazz en sous-sol, des musiciens serrés sur leurs chaises étriquées, ils rigolent et jazzent à tout va, la salle a payé des centaines et des centaines de dollars, tourne le dos à la scène pour prendre des selfies mal éclairés, ceux qui sont déjà bourrés sont encore plus relous si c'est possible, quand Diane Keaton est passée dans la salle les gens se sont jetés sur elle, et les serveurs de se convertir en gardes du corps.
Hier, jusqu'en milieu d'après-midi je n'étais pas sûre de vouloir y retourner. 
La peur, quoi. 
Et puis finalement, la victoire de l'espoir sur l'expérience, j'ai décidé de retenter ma chance. 
Cette fois-ci je suis arrivée extra en avance, je me suis cramponnée au dernier arrivé et n'ai laisse personne me passer devant. Le portier, avec le regard fatigué du mec qui doit gérer tous les lundis du monde une foule d'andouilles en délire, nous a gentiment fait comprendre qu'il restait des heures avant le show, que c'était mieux si on allait attendre au bar, allez les enfants, faut pas rester là, vous faites un peu pitié quand même.
Comme j'étais dans la file entre un jeune et sexy monsieur en costume, et un cinquantenaire et sexy autre monsieur en costume, il y a eu une méprise amusante.
J'avais discuté avec chacun des deux, échangé trois mots, expliqué comment l'attente avait été terrible en octobre dernier. Quand le portier nous a proposé de nous disperser, le jeune homme est parti de son côté. Je ne savais pas trop où aller moi-même, le monsieur plus âgé m'a alors demandé si j'allais suivre mon mari.
Gnnn?
On a passé deux minutes à rigoler sur la méprise, je me demande toujours comment il a pu penser qu'on était ensemble. Je n'ai peut-être pas la vision la plus optimiste du couple qui soit, mais sachant que j'avais ostensiblement tourné le dos à ce type pour être sûre qu'il ne me passait pas devant dans la file, on aurait été un couple sacrément à problème. 
J'ai atterri au bar avec ce Pierce Brosnan latino-américain (si, c'est possible, fais un effort d'imagination quand même), et on a bavardé comme des gens civilisés.
De loin il avait l'air plus que WASP (Pierce Brosnan est irlandais je rappelle) mais j'ai appris plein de truc sur le Chili, et après l'avoir entendu bavarder avec tous les serveurs en espagnol (puis m'expliquer ensuite d'où venait chacun d'entre eux), ça n'a fait que confirmer ce que j'avais entrevu la dernière fois que j'étais venue: New-York est 99% latino.
Le portier est revenu nous chercher, il avait une place pour nous, on ne serait pas debouts derrière le bar.
Pour ce qu'on en a compris après, manager de salle c'est encore plus risqué que diplomate au Moyen-Orient. Tu dois gérer ta salle comme une chorégraphie de hip-hop en terrain miné, placer les gens c'est bien plus difficile que séquencer de l'atome, et ce portier est venu nous chercher en personne parce qu'il a cru que nous étions un couple et qu'il était vital pour lui de nous coller à la dernière petite table dans un coin. 
On aurait dû rester debout avec la plèbe, mais sur ce malentendu on a pu assister au show avec de meilleures places. Parce qu'on avait l'air d'un couple et que ça faisait joli dans la salle.
Sois mignonne ma fille, souris et cramponne toi au mec d'à côté, qui ne fait pas trop peur et a une belle cravate. C'est comme ça que tu t'en sortiras. Et n'espère pas que la société va considérer que tu es là toute seule, une femme c'est accompagnée voyons.
(Coco Chanel, si tu me lis, arrête de rire steuplé).
Le concert fut super chouette. Dans mon petit coin j'avais une vue quasi complète de la scène, j'ai fait quelques photos bien (mais avec mon véritable appareil, je n'ai rien à montrer depuis mon téléphone d'où je tape cette note) et j'ai encore une fois tellement apprécié la musique.
Le contraste entre les musiciens qui riaient entre eux, s'interpelaient entre les morceaux, lançaient des plaisanteries au public, et le reste de l'assistance qui avait l'air d'être là sur une belle erreur de casting m'a tellement moins choquée et mentalement épuisée que la dernière fois.
Hier je demandais sur mon blog pourquoi est-ce qu'on refait les mêmes choses alors qu'on sait très bien qu'on ne retrouvera pas les mêmes sentiments.
 
Ben parce que c'est rigolo, tiens. C'est rigolo quand la vie nous donne un ticket en plus, nous laisse passer le gorille de l'entrée et nous donne accès à la représentation de la deuxième chance.
 
Savoir que j'allais me retrouver face à un magma d'andouilles a tellement diminué le choc. Je n'imaginais pas que je passerai la soirée à discuter avec des gens sympas (vu que je suis à la sociabilité ce que Nadine Morano est à la délicatesse: une grosse naze), et pourtant entre temps le jeune homme sexy du début (mon premier mari, t'sais) était revenu, lui aussi ramené par le colbak par le portier, mais assis en toute fin du bar parce qu'on vous le dit, les célibataires c'est la plaie. On l'a reconnu et interpelé, on a passé le temps qui restait avant le concert à discuter. 
 
Assister à ce concert étrange une deuxième fois assoit encore plus l'idée que quelque part, et pour tous les autres lundis à venir, tant qu'il y aura du jazz et tant qu'il y aura New-York, Woody Allen rigole avec Eddie Davis et son jazz band.
 
Et ça, je ne l'aurais pas autant ancré dans mon petit esprit si je n'étais pas revenue​. Dans mes traces et pour la deuxième fois.

 

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lundi 29 mai

Sens critique (gastronomique)

Dimanche, 11h50:
Le fait que le métro new-yorkais soit si pourri ne cesse de m'étonner. Les gars sont quand même la première puissance mondiale et il y a des arrière-cuisines de bars à putes à Bangkok qui sont moins dégueulasses.
Les couloirs sont vétustes, l'eau laisse des traces bien sales en coulant le long des murs, je pense qu'il y a le pipi cumulé de 70 million de gens environ qui ruisselle, et les rames elles-mêmes semblent sorties des années 70 entre leur formica orange et leur look tout en acier. Le croisement entre une morgue pas nettoyée et la cuisine de ta grand-mère car le orange ça devrait être interdit depuis Austin Powers, on est bien d'accord?

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Le point un peu plus positif c'est que j'ai enfin compris comment marchent les trains locaux et les trains express, et que je n'hésite plus à demander aux employés car eux seuls ont le pouvoir du crâne ancestral de savoir qu'après 21h les mardis soirs de pleine lune la ligne F roule sur la voie du train B sauf quand elle fait des petits sauts sur les rails du Subway 3.
Enfin bon, assez râlé, aujourd'hui j'ai décidé de retourner explorer l'Upper West Side. Je commence par le plus important: Numero 28, 660 Amsterdam Avenue, la meilleure pizza qu'il m'est été donné de manger hors Italie.
Car qu'on se le dise, je ne suis pas venue ici pour les burgers. Sans blague.
13h03:
Ne m'écoutez pas quand je me vante de savoir surfer dans le métro new-yorkais avec l'aisance de la loutre effilée. J'étais tranquillement en train de rejoindre ma destination (et ma pizza) quand j'ai réalisé que les stations n'avait plus le même nom que dans mon itinéraire. 
Je me suis levée, suis allée consulter le tableau de la liste des arrêts et n'ai reconnu aucunes des stations qu'on venait de traverser. "WHAT THE FUUUUUUUCK" j'ai dit, même pas à voix basse, car je suis punk ascendant vulgaire. "the fuck, seriously", j'ai répété. Une dame avait l'air aussi perdue que moi. "Houston Street, elle demandait, d'un air incrédule. "Yeah, not on the map, I knoooooow" j'ai répondu, salement blasée de la vie.
"Le train roule en local, a alors expliqué un monsieur. Il va s'arrêter à plein de petites stations qui ne sont pas sur la carte". "Thank you!!!" je lui ai répondu avec un grand sourire, et je suis retournée m'asseoir.
Beaucoup de classe, donc. J'imagine que vous êtes contents de m'avoir comme amie.
13h25:
Manger!!!

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Je soutiens que cette pâte à pizza est la meilleure du monde, hyper croustillante en dessous et moelleuse sur le dessus, la sauce est excellente et la mozzarella de buffalla tue complètement. Par contre, celle que j'avais pris la dernière fois (trois fromages) était encore meilleure. Car rien ne peut battre trois sortes de fromages empilés.
15h53:
Ça fait 15 minutes que je fais la queue pour acheter trois cookies (je suis vers la moitié de la file, tranquille). Il s'agit de la très célèbre Levain bakery, et il semble normal à tout le monde d'attendre comme des pécores en plein soleil. (Je tape cette note de blog d'un air détendu mais de l'autre oeil je toise la meuf derrière moi dans la queue qui essaie de me passer devant).
Ensuite il faut que je rentre à pied (3 heures de marche selon City Mapper)(cela me semble honnête) si je veux espérer perdre ne serait-ce que la moitié des calories engouffrées aujourd'hui.

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16h10:
Et voilà, j'ai officiellement fait 30 minutes de queue pour trois cookies. Je fais partie de la bande. (Mais de laquelle?).
17h45:
La dernière fois que je suis venue à New-York j'ai voulu faire un certains nombres de trucs touristiques (la vue du haut du Rockfeller building, tous les musées possibles, la vue de la statue de la Liberté, Times Square...). Times Square m'avait bien saoûlée, c'est horrible d'être serrée dans une foule bruyante (et qui pue un peu) avec des néons de ouf qui clignotent dans la nuit. Je m'étais réfugiée dans un café Prêt à Manger et j'avais savouré une pause et un thé en écrivant un email à mes parents.
Je me suis retrouvée aujourd'hui à emprunter le même chemin, j'ai commandé le même thé et me suis assise à la même table. J'ai fini de taper cette note de blog et je me suis arrêtée pour me demander.
Pourquoi est-ce qu'on refait les mêmes choses? Alors qu'on sait très bien qu'on ne retrouvera pas les mêmes sentiments?

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Posté par _ Aurelia _ à 15:31 - Commentaires [0] - Permalien [#]
samedi 27 mai

Arrivée

Samedi matin, trop tôt :

Vu que je suis partie après le boulot pour prendre mon avion le vendredi soir même, décalage horaire oblige j'étais censée arriver à 22h à JFK, sauf qu'il serait 3h du matin à Londres, et contrairement à la dernière fois où j'avais fait de mon mieux pour rester éveillée dans l'avion, là j'ai bien dû dormir 4h, d'un sommeil interrompu, inutile et non réparateur.

C'était cool.

(J'ai aussi regarde Fantastic Beasts and Where To Find Them, JK Rowling tu es la plus grande, et il n'y en a pas deux comme toi pour parler de l'enfance et de ses blessures, tout en saupoudrant ça de petits animaux mignons pour avoir l'air de ne pas y toucher et en même temps proposer une solution)(j'ai aussi regardé Dr Strange, parce que si Bénédicte Cumberbatch faisait une pub pour du dentifrice j'irai me rouler nue dedans, mais à part sa performance et celle de Tilda Swinton c'était juste de jolis images, quoi)(contrairement àTigre et Dragon qui est de jolies images ET de véritables idées derrière)(mais je m'égare, c'est juste parce que dans ces deux films l'Asie est présente et les gens courent sur les plafonds).

C'est avec beaucoup de grâce et sans encombres que j'ai ensuite voyagé jusqu'à Brooklyn où je vais loger jusqu'à samedi prochain. J'ai repris une chambre chez la personne qui m'avait hébergée en octobre dernier et c'est cool, d'arriver dans un endroit qu'on connait.

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Après avoir dormi quasiment trois heures, réveillée toutes les trente minutes (dont à 5h10 par un oiseau fougueux qui ne l'a pas bouclée depuis)(MEURS, POULET MALÉFIQUE !!!) je suis vraiment en pleine forme pour aller faire un tour à la plage (tcha tcha tcha).

Coney Island me voilà !

Samedi après-midi :
Il y aurait un essai à écrire sur la vulgarité naturelle des villes de bord de mer.
C'est dit sans méchanceté aucune, c'est de là que je viens.
Techniquement j'ai grandi en Provence plutôt intérieur des terres, mais avec de la famille dans le Var, j'ai passé des étés le cucul dans le sable à creuser pour trouver des coquillages, et des hivers à rallonge, à me promener le long de bords de mer hostiles et de fêtes foraines désertées.

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Ces tongs qui claquent et ces shorts qui remontent, tous ces tatouages prévisibles dans des endroits qu'on aurait tellement voulu invisibles. 
Aujourd'hui c'était la fête du slip de bain, les gens qui criaient, qui mangeaient des trucs frits, les enfants qui pleurnichaient et l'ennui partout dans les regards.

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Et pourtant.
Pourtant il y a cette dame qui fait sa gym au beau milieu de la promenade. Il y a ce caniche rebelle qui se fait enguirlander parce qu'il ne cesse de quémander un peu de funnel cake. Il y a cette petite fille qui fait la roue et ça me rappelle que moi aussi j'étais une petite fille qui faisait la roue. Il y a ce pêcheur habillé comme un chanteur de rap qui discute avec ce pêcheur habillé comme un chanteur de reggae. Il y a ce chien qui est allé sniffer la culotte d'une dame inconnue, et son maître qui est venu le récupérer en ne sachant plus où se mettre. Il y a ce tout petit petit garçon qui a appris à marcher hier et qui compte bien montrer à tout le monde qu'il maîtrise la technique (mais il a aussi pris option gamelles sans faire exprès du coup ça pique un peu).
Alors perso, je nous trouve tous très beau.

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vendredi 26 mai

L'aventure: préambule

 13h57: je réalise que je pars en vacances dans une heure et quinze minutes et que je m'apprête donc à traverser plusieures frontières/contrôles de sécurité avec mon Tupperware de porridge à la courgette.

Si vous cherchez le mot "audace" dans le dictionnaire le plus proche, il devrait y avoir ma photo.

 14h14: en fait, les vacances ça commence quand on s'éclipse discrètement aux toilettes du boulot pour aller mettre ses mi-bas de contention pour l'avion, je trouve. #glam

16h35: MWAHAHAHAHAHA, mon sac est passé sans encombres à travers les rayons X furieux de la sécurité, aujourd'hui le porridge, demain le moooooonde!

16h52: *chomp, chomp, chomp*

18h45: sponsorisée par Nike et Delsey. (Pas en photo: le slip de grand-mère Marks & Spencer).

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19h06: les petites boutiques d'aéroport, toujours prêtes à vous dépanner d'une bouteille d'eau, d'une barre Mars ou d'un pot de Marmite.

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jeudi 25 mai

Running gag

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De toute façon on va tous mourir, c’est bien la seule chose qu’on sait vraiment. Un jour on sera un cadavre, un corps mort et déjà en train de se décomposer que d’autres mains toucheront, déshabilleront, laveront, mettront dans la terre.

Ça sert à quoi de se débattre autant, si c’est pour tous finir au même point?

Et puis on ne va pas mourir “juste comme ça". Une crise cardiaque pour les plus chanceux, un vieux cancer douloureux et débilitant pour les autres, peut-être Alzheimer, avec juste assez d’éclairs de lucidité pour bien se rendre compte combien même nos proches n’en peuvent plus. Le futur ne nous réserve que plus de malheurs et de morts, tous les gens qu’on aime vont nous quitter.

Est-ce mon côté punk no future qui ressort? Mon côté emo chiant, plutôt?

Non, je m'apprête simplement à avoir mes règles.

Et mon médecin me l’a bien expliqué: il y a le taux d’une hormone qui grimpe, le taux d’une autre qui dégringole, et c’est tout le cerveau qui part en sucette. L’humeur, les nerfs, les neurones qui se vautrent dans le délire le plus total. L’irrationnel qui débarque sans crier gare.

Il y a des femmes qui ont des syndromes pre-menstruels encore pires que ça, qui font des malaises, qui ont des douleurs, des migraines, qui sont obligées de rater le boulot.

Moi c’est une bonne dépression, à date fixe, prévisible et dévastatrice quand même.

Demain je vais me réveiller, je vais avoir mal au ventre toute la journée, je vais aller aux toilettes environ tout le temps, je vais avoir faim et la nausée en même temps, puis dans l’après-midi je vais enfin voir du rouge sur ma serviette hygienique et je vais me sentir tellement soulagée, comme si c'était le messie mais en encore mieux. (Parce que le messie je m’en fous grave, en fait).

À en pleurer encore, mais de reconnaissance cette fois.

Entre temps j’aurais passé une journée normale, j'aurais sauvé le monde one step at the time comme disent les Anglais, j'aurais retrouvé le parapluie de Lucile oublié en salle 26, appelé les parents de Mathilde pour être sûre qu'elle a l'autorisation d'aller au musée (car Mathilde n'a jamais pensé à rapporter une seule autorisation écrite depuis septembre), j'aurais enguirlandé Megane parce qu'elle aura balancé un dictionnaire de français à la tête de Rosa, qui venait pourtant de la taper avec un cahier d'espagnol, prétendra-t-elle. J'aurais expliqué pour la première fois à mes sixièmes que le passé composé se compose du verbe avoir, puis du participe passé. J'aurais expliqué pour la dixième fois à mes cinquièmes que le passé composé se compose du verbe avoir et d'un participe passé, là, mais si bon sang. J'aurais expliqué pour la soixante-douzième fois à mes troisièmes que ce putain de passé composé se compose du verbe avoir ou du verbe être et que bordel ce n'est pas si dur d'arrêter d'écrire "je allé à l'école à 8h" fait chier à la fin. (Non mais je plaisante, je ne dis jamais de gros mots devant les élèves voyons)(enfin je les dis dans ma tête)(la plupart du temps).

On ne m'ôtera pas de l'idée que si c'était les homme qui avaient leurs règles ils auraient le droit de rester à la maison une fois par mois sans avoir à se justifier, il y aurait des bouillottes en libre-service à chaque arrêt de bus et des tablettes de chocolat seraient distribuées à l'entrée du métro.

À la place de tout ça, il y a une énorme part de la population qui passe par toutes les couleurs de l'arc-en-ciel de la souffrance douze fois par an et à part Notre Temps le magazine des vieilles il n'y a que moi pour en faire un article.

Ah la la.

PS: si toi tu es en pleine ménopause j'ai cru comprendre que c'était rigolo aussi. Viens, on va monter un club des gens qui ont les hormones au plafond, ça s'appellera "Aaaaaaaaaaaaargh!!".

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mercredi 24 mai

Drame en un acte

 

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C'est la fin de la leçon, la plupart de mes élèves sont déjà dans le couloir, quand je réalise qu'au fond de la classe Nelly pleure à gros sanglots. Assise à côté d'elle pendant le cours, Sylvia vient de partir le menton en l'air et sans un mot. À la même table (mes élèves sont assises par quatre), en train de prendre les dernières notes, Maya a l'air de ne pas suivre la scène et s'affaire plutôt à souligner les mot-clés.

"Que se passe-t-il Nelly?", je demande, absolument désolée. Cette gamine est adorable, mais peut se mettre dans tous ses états quand elle ne comprend pas quelque chose: elle a déja pleuré à cause d'une mauvaise note.

"Riiiieeeeeen", elle hoquète.

"Dis-moi ce que je peux faire pour arranger les choses". je reformule, me rappelant les derniers éléments de language super précis qu'on nous demande d'utiliser avec les élèves. (Il s'agit d'exprimer, avec un language positif et ouvert, une question qui les invitera au dialogue et à l'échange)("Rhaaaaa bon sang, ne te balances pas sur ta chaise, tu es déjà tombée vingt-sept fois et ça me saoûle" est un très bon contre-exemple)(alors que pourtant, parfois, c'est le seul truc que tu voudrais vraiment exprimer)(c'est dommage).

"Il y a une fille d'une autre classe qui a dit des ragots sur Nelly et Sylvia les a crus", explique Maya sans lever la tête de son cahier.

Nelly redouble de sanglots en tentant vainement de faire rentrer son cahier de français dans un sac déjà plein à craquer.

Il ne sera pas dit qu'il y aura du harcelement scolaire dans ma classe! J'interviens alors:

"Eh bien c'est à cette autre fille de se sentir mal, et c'est à Sylvia de ne pas écouter les ragots. Ce n'est pas à toi de pleurer, du tout!"  j'assène avec force.

(Qu'on m'envoie au Moyen-Orient, à la fin, je suis si douée pour apaiser les conflits).

Et puis j'ajoute, comme pour me justifier: "Je ne savais vraiment pas qu'il y avait un probleme entre vous, toute votre table travaille si bien ensemble, c'est pour ça que je ne vous changeais jamais de place".

C'est alors que fermant son cahier d'un geste sec Maya a conclu, laconique: "oh, il n'y a pas de problème du tout, elles sont meilleures amies".

Posté par _ Aurelia _ à 05:36 - Commentaires [1] - Permalien [#]