J'aime #1 (sur un air de cha cha cha)
Cher lecteur,
Je suis désolée, j’avais oublié que j’avais un blog. Non, ne le prends pas mal, arrête de sangloter nerveusement, là, lààààààà tiens, une photo d’écureuil pour te consoler.

L’est mignon, hein ?
Et puis ce matin, en consultant mon agrégateur, j’ai remarqué qu’environ exactement beaucoup même si on pourrait plutôt parler d’un certain nombre de blogs (à une vache près, quoi) commençait la semaine sur l’air de « J’aime ».
J’explique.
C’est comme une tradition, si tu veux, tu commences la semaine en disant ce que tu as aimé de celle d’avant, et je pense que c’est une bonne façon pour ne pas te pendre tout de suite avec la ficelle de ton sachet de thé en songeant aux emmerdes qui t’attendent durant les cinq ou six prochains jours.
Ce qui fait que dans un grand élan moutonnier j’ai décidé moi aussi de me mettre à écrire des billets « j’aime ».
Alors.
J’aime être payée £6,50/h et que ce soit du brut, et devoir ensuite payer des impôts dessus.
J’aime que ma chambre soit tellement petite que quand je fais sécher du linge je ne peux plus ouvrir la porte.
J’aime que les transports aient encore augmentés, comme ça quand je vais bosser j’ai déjà une heure de boulot qui part en fumée juste pour payer mon trajet.
J’aime vivre dans une des plus excitantes capitales européennes et que mon enjeu du vendredi soir soit « aller au Tesco et dépenser £30 ou plus pour avoir le droit d’utiliser mon bon de £4 de réduction ».
J’aime avoir des cheveux blancs, le blanc c’est chic, ça va avec tout.
J’aime avoir les cheveux vraiment pourris en moins de 24h, la peau très abimée et du noir dans mon nez quand je me mouche. La pollution c’est chic, ça va avec tout.
Enfin j’ai positivement A-DO-RE l’allocution télévisée d’hier au soir, la prochaine fois que quelqu’un me demande quel est le nom de mon pays d’origine je lui réponds « aaaaaaah non non pas ça noooooooooon ».
Il comprendra.
Hélas, je ne te cache pas que cette vie de rêve est complètement ternie par les gens fabuleux que je rencontre, les promenades que je fais à travers tous les parcs de la capitales, les journées que j’ai déjà passées à Brighton, Cambridge, Oxford et Bristol, toutes les expos géniales que je suis allée voir et toutes les sorties que je suis en train de m’organiser pour le printemps à venir.
Rha, la poisse !
L'excuse
Je suis désolée de ne pas poster plus souvent mais je suis très très occupée à prendre des photos d'écureuils furtifs.
On ne dirait pas, comme ça, mais c'est un boulot à plein temps.

(Surtout celui-ci qui était vraiment très furtif).
My cup of tea









A tous les abrutis qui reviennent t'exposer cinq minutes après et d'un ton super pédant l'information ultra simple que tu viens de passer une heure à tenter de leur expliquer, effaré que tu l'étais par la croûte de connerie qui barrait l'entrée de leur crâne épais :
Sachez que vous êtes de la vermine.
Et qu'un jour on vous exterminera.
TOUS.
Un vrai teckel
Cher lecteur, peut-être le sais-tu, mais avec son allure de saucisse de Strasbourg montée sur cure-dents à roulettes le teckel est en fait un redoutable chien de chasse.
Ici, donc, notre spécimen personnel familial de redoutable cure-dent chien de chasse.

S’il existe le modèle poil ras, le modèle poil long, et le modèle mega hirsute poil dur (nous on a voulu le modèle chanteur de rock alors on a pris le dernier cité) ils ont tous en commun d’être très très mignons.
Crée au XIX siècle, de toutes pièces et à partir du Schnauzer, du balai brosse et de sans doute plein d’autres sortes de chiens sa forme allongée intéressait les chasseurs de blaireaux, car correctement entrainé le teckel a la forme exacte pour s’introduire dans le terrier d’icelui, i foutre une mega pâté d’enfer et ressortir en trainant le pauvre animal par les narines.
Non correctement entrainé c’est le teckel qui se prend la rouste de sa vie par le blaireau en furie et ça finit généralement très mal.
L’instinct je n’y comprends rien, mais il faut reconnaître que même sans jamais avoir été dressée notre chienne a un flair incroyable et piste 19 sangliers, 32 faisans et 43 lapins minimum chaque fois qu’on la sort pour pisser.
D’où le fait qu’on préfère la tenir en laisse. (Elle est pas dressée on vous dit, elle finirait piétinée à mort par des lapereaux, ce serait moche).

« Mais attends, Aurélia, viens-tu de parler de sangliers ? C’est que c’est gros ces bêtes-là, environ 50 fois plus que le maigrichon teckel censé lui courir après, je te ferais dire ».
Mais non lecteur, c’est moi qui te fais dire, en fait le teckel, grâce à une endurance hors pair (et une inconscience au-delà de l’imaginable) n’a absolument pas peur du gibier gigantesque de nos sous-bois frétillants. La chasse aux cerfs c’est son dada !
Infatigable et bourrin comme pas deux il court, court, court à travers la campagne et sur des kilomètres, épuisant le cervidé de ses morsures incessantes, parfois les crocs plantés à même la gorge de la pauvre bête, ne lâchant l’affaire que lorsque l’énorme animal s’écroule d’épuisement, mortellement terrassé et sans doute intellectuellement dégoûté.
(Oui, le teckel a un don naturel pour faire rendre gorge à son prochain, on devrait tous les faire bosser aux impôts moi je dis, finie la fraude, terminée l’évasion fiscale en Suisse).
Oh, bien sûr tout ça c’est « en meute », hein. Comme ça quand il y a un problème, hop, super easy de dénoncer le petit camarade qui-n’a-pas-bien-effectué-la-manœuvre-en-triangle-pour-rabbatre-le-gibier-chef-c’est-pas-moi-je-vous-dis-chef.
Voilà qui définit bien la mentalité de l’animal, tiens.

Tout ça pour te dire que moi c’est pendant dix jours que j’ai couru après mon manager, pour qu’il me paie les heures que j’avais effectuées. On était trois, dans la meute, on avait reçu un bulletin de paie plutôt délirant, et on n’était pas trop contents.
(C’est un nouveau boulot, c’est toujours vendeuse, mais plus dans l’alimentaire, pour moi les boulangeries c’est plus que fini)(je te raconterai).
On a fini par se mettre d’accord sur nos récriminations mais le manager il disait que non, on avait été correctement payés. Il a dit que c’était les impôts qui nous avaient trop pris. Alors j’y suis allée, aux impôts, j’ai perdu trois kilos vu le stress et la concentration qu’il m’a fallu pour suivre leurs raisonnements tordus, et j’ai tout compris. J’ai tout compris que ce mois-là je n’avais même pas été taxée, et que donc c’était bien la boîte qui se trompait. Je l’ai dit à mes petits camarades. Finalement, après avoir échangé quelques mails avec la maison-mère vu que j’avais insisté lourdement, le manager a sorti des sous en cash de la caisse et nous a fait signer des reçus. £400 pour un collègue, £300 pour l’autre collègue et pour moi.
Sauf que j’ai encore fait les calculs, et que ça ne collait toujours pas.
(Et puis ce n’était pas un peu au pifomètre, des sommes pareilles, non?).
Là on a un premier teckel qui a lâché, je suis au regret de le constater et qui a dit, malgré toute mon insistance (« mais t’es sûûr de chez sûûûûr de chez sûûûûûr?????? ») qu’avec les sous en cash ajoutés, là, c’est bon, il avait son salaire. Mais ce n’était pas vrai, pare que lui et moi on travaille le même nombre d’heures par semaine, et qu’il lui manquait plein de fric.
Le second teckel aussi donnait des signes de fatigue, à coup de « non mais j’ai pas vérifié mon bulletin, là, mais je crois que bon ». Le lendemain « ah mais là je n’ai toujours pas pensé à prendre mon bulletin mais quand même, je crois que ça va, là ».
Pardon mais heureusement que le troisième teckel mononeuronal que je suis n’a rien lâché (et a sans doute agrandi son ulcère à l’estomac mais c’est un autre problème).

Hier, alors que depuis le matin 9h40 je me baladais avec mon bulletin de paie dans la poche, attendant le moment propice pour glapir après le manager et ne le trouvant pas (le moment propice, parce que le manager oui, il était là, toujours là, mais jamais disponible, tiens donc), il était 16h15 quand il me lance que c’est mon tour de prendre ma pause. « Ah mais juste avant je voudrais te dire que… » je réponds. Et je sors mon petit papier bleu. « J’ai recompté je ne sais pas combien de fois, avec ce que j’ai reçu en décembre et les sous en liquide que tu m’as donné, ça ne fait toujours pas le compte », je fais. « Bon on va régler ça parce que ça commence à être LONG» il réplique. « Et pour moi encore plus », je conclue, le sourcil fier et la mâchoire serrée (tel Clint Eastwood mon -toujours- modèle).
Il a appelé la personne en charge de nos salaires en Allemagne. Parce que c'est une entreprise allemande. Ils ont parlé en allemand. J’ai fait 7 ans d’allemand à l’école. Ça m’a servi, tiens. (C’est bien la première fois de ma vie d’ailleurs mais bon)(je ne dis pas que l’allemand ne sert à rien, c’est une langue superbe –j’écoute Arte juste pour le son- et une culture qui en jette, et une cuisine qui n’a pas d’égale (des saucisses à foison et des pommes de terre comme s’il en pleuvait, bon sang) je dis juste que dans ma petite vie personnelle personne ne m’a jamais demandé d’en faire quoi que ce soit)(de la langue allemande, voyons, pas des saucisses et des pommes de terre).
Bon enfin, pour conclure cette histoire parce que là on s’éternise un peu dans les saucisses, j’ajoute juste que la gentille dame en Allemagne elle a réalisé qu’elle ne savait pas compter (c’est nouillon pour une comptable, hein), que mes collègues et moi-même on avait tous été enregistrés à moins d’heures hebdomadaires que ce qu’on faisait vraiment, que les jours de congés ne nous avaient pas été payés, et que tout ça serait régularisé avec la paie de janvier.
Et en raccrochant le manager il répétait « what a mistake, what a mistake » et il ne me regardait plus de haut parce que je lui réclamais des sous.

Je crois qu’il n’y a pas vraiment de morale universelle à cette histoire, je crois qu’on peut juste en déduire que les managers ne savent pas compter, que les comptables ne savent pas compter, et que ma gentille maîtresse du CP qui m’a si bien appris à faire les additions et les multiplications a complètement sauvé mon beefsteack sur ce coup-là.
Ce billet de blog est dédié à une certaine chienne teckel qui est capable de couiner, de gratter, de frétiller, de racler, de frotter, de renâcler, de gratouiller, de tapoter, d’arracher et de pester tant qu’on ne lui accorde pas le droit de finir sa nuit sur le dessus de lit.
De mes parents.
Qui luttent, qui luttent, et qui finissent pas céder.
Parce qu’on ne s’oppose pas à l’opiniâtreté d’une telle chasseuse de sangliers.

(Dans l’âme, hein, parce que dans la réalité il faudra que je vous raconte comment elle se fait mener à la baguette par la tortue du jardin)(mais c’est une autre histoire, pour un autre jour, là je dois y aller, j’entends l’appel des pommes de terre au four).

A table
Alors que l’année commence à peine, une année si neuve qu’elle a encore un tout petit peu l’odeur du plastique d’emballage, les bilans fleurissent sur internet et sur les blogs les gens font le point. Ils ont bien raison.
En direct de la salle de rédaction de « A la recherche de la chaussette perdue » (8m2 de petite chambre avec de la moquette orange)(on a su rester « Austin Power » à plein tube de ce côté-ci de la Manche) nous avons plutôt eu envie de vous donner la recette de la pâte à crêpe.
Puis on s’est rendu compte que la recette de la pâte à crêpe, finalement, tout le monde la connait peu ou prou. (A la rédaction on aime bien dire peu ou prou, il faut avouer).
Au départ on met de la farine, on ajoute des œufs (un œuf pour 50 gr de farine, il paraît), puis on verse le lait jusqu’à ce que ça ressemble à une pâte, quoi. (1/2 litre de lait pour 4 œufs pour 200gr de farine, donc ?)(allez, on dit comme ça).
Après on peut varier les différentes sortes de farine, rajouter de la levure, un petit peu de bière, ou du cidre, certains sucrent la pâte, d’autres mettent des épices ou du rhum…
Et à la fin, ça fait toujours une pâte à crêpe, on a réalisé.
On s’est regardé, nous, toute l’équipe (en plus de la rédactrice en cheffe qui s’appelle Aurélia Dalma il y a Elinor l’Elephante en peluche, qui s’occupe de la maquette, de la correction orthographique, des relations avec la régie publicitaire et qui apporte les mini viennoiseries le matin) on s’est regardé, donc, et puis on s’est dit que c’était comme la vie.
C’est-à-dire que c’est très simple, même les enfants peuvent le faire, et puis les ingrédients de base on les trouve partout, et finalement que ce soit un peu trop comme ci ou un peu pas assez comme ça à la fin ça fait toujours une vie, quoi.
Alors on vous souhaite à toutes et à tous une super pâte à crêpe 2012, avec les garnitures que vous voudrez dedans.
On espère que ça sera bien croustillant sur les bords, et tout moelleux au centre.
Que ça soit souvent sucré, parfois super salé, que ça sautille dans la poêle, et ceux qui tomberont par terre, on ira les chercher, ceux qui resteront collés au plafond, on ira les décoller, parce que tout ce qui compte c’est qu’à la fin on aura tous bien rigolé.





