Mumu qui danse blog

 

Parfois je me dis que j'ai totalement raté mon adolescence.

Déjà, je n'ai quasi pas fait de crise. Je n'ai pas fugué, ou alors juste une fois: jusqu'à la boulangerie et c'était pour un croissant aux amandes.

Je n'ai pas versé dans le satanisme, sauf si lire trois fois Bridget Jones ça compte.

Je ne suis même pas devenue emo tendance gothique maquillage noir et corbeau sur l'épaule. J'avais un teckel, c'était autrement plus dramatique (quand ça fait pipi sur un tapis, par exemple)(sur les trois heures du mat')(en mode furtif, quoi).

J'aurais vraiment du virer gothique, c'est maintenant que je me rends compte à quel point j'étais faite pour la petite larme peinte à l'eye liner Yves Rocher sur une joue hésitante.

Tu te souviens quand, en janvier dernier, je t'ai dit que je fermais boutique pour de bon ? Vu que la plénitude de l'existence prenait toute la place dans ma vie ensoleillée et que seul le bonheur occupait l'espace de mes bras ?

J'étais shootée au yogurt/muesli/blueberries/chia pudding, je ne vois que ça.

J'étais étudiante pour devenir prof, surtout. Là, tout maintenant, je suis justement prof, quelle coïncidence. Par contre, au rythme où vont les choses, l'année prochaine j'épile des chèvres dans le Larzac et je fume le résultat, je pense.

Je n'en dis pas plus, je ne veux pas gacher le suspens. Toutes ces histoires tordantes d'élèves qui se jettent des tables à la tête doivent être racontées en temps et en heure.

Mais disons qu'il y a quelques instants, alors que je mangeais ma salade poivrons-amandes effilées, le feu de l'urgence créative s'est mis à brûler en moi.

"Si je ne dessine pas un mouton tout de suite les répercussions pourraient être dramatique", me suis-je alors dit dans l'intérieur du dedans de moi-même.

J'avais arrêté de parler ici quand tout allait trop bien.

Tellement de nuits de sommeil en moins, de stress, de doute, de rage et de Brexit, à peine quatre semaines après avoir commencé mon nouveau boulot, donc, et déjà si proche du burn-out, me revoilà dans l'espoir fervent que créer (du mouton à poil, principalement) sera mon échappatoire tant espérée.

Moi, kiffer tellement le stress que j'en redeviens lyrique et productive ?

Moi, me rouler dans les ceintures cloutées et me frapper le front comme seule façon de retrouver la motivation ?

Moi, dalma gothique emo tendance drama queen ?

Pfff, n'importe quoi...