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J'ai vécu jusqu'à assez tard chez mes parents, et un jour je ne sais pas pourquoi ça a arrêté d'être chez moi. Quand j'étais petite je ne me posais même pas la question, et puis un jour ça a arrêté comme ça. Il était temps de partir découvrir d'autres horizons. (Ce que ne veut pas dire que je n'y reviens pas avec soulagement pour les vacances, et que les projets de déménagement répétés avec fougue de mes parents ne me stressent pas jusque là).

Depuis que j'habite à Londres, je loue direct à des propriétaires, avec des contrats bidons qui ne tiendraient pas deux secondes devant un avocat. Tout peut s'arrêter en une seconde, je peux me faire virer du jour au lendemain et ce n'est pas une métaphore. D'ailleurs ça m'est arrivé il y a trois ans, ce fut un beau traumatisme, vu que se loger à Londres c'est juste complètement horrible.

Parfois je me dis que je dormirais mieux la nuit si j'avais un vrai toit sur la tête, parfois je me dis que quand on est pauvre c'est mieux d'avoir des goûts de pauvres, et que je fais tellement partie de cette génération de locataires à la vie à la mort que je devrais juste arrêter d'y penser et trouver ma tranquillité ailleurs.

J'aime cette phrase qui dit que le sage a sa maison sous ses pieds. La mienne est dans mes mains. Où que je sois, je retourne mes mains, paumes vers le haut, je les regarde et je suis chez moi.

Je les connais par coeur, toutes leurs petites rides, il paraît que lors de ma première journée sur terre j'ai passé des heures à les regarder comme un cosmonaute miniature en apesanteur.

Toi aussi lecteur, viens partager tes névroses cheloues dans les commentaires.

À moins que tu ne préfères partager ta recette des crêpes.

C'est bon les crêpes.