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(Je m'excuse bien platement pour la piètre qualité de la photo, mais la force philosophique de Sally et Charlie Brown est intacte).

 

Quand j'étais petite j'ai fait le conservatoire en hautbois. J'ai commencé en CP avec le solfège, puis j'ai continué jusqu'au bac, puis j'ai eu trop de travail et j'ai tout arrêté. (Ma mère m'avait alors dit d'un air profond et en hochant la tête: "un jour tu comprendras pourquoi tu arrêtes maintenant")(je n'ai toujours pas compris)(ca s'appelle le talent, ne faites pas ca chez vous si vous n'êtes pas professionnels en talent).

Pendant toutes mon enfance et mon adolescence aller au conservatoire faisait parti de mon quotidien, je faisais de l'orchestre, de la musique de chambre, des tas d'auditions, de concerts et d'examens.

Ma prof était une très bonne prof de hautbois, et elle m'a parfois donné des conseils qui me suivent encore.

Par exemple, pour tous les instruments, il faut faire ses gammes. Ce n'est pas un moment très chatoyant, c'est l'échauffement, pour délier les doigts, la posture, le souffle.

En hautbois, le dosage de l'air et de la pression est intense, et bien plus encore quand on joue des notes très graves ou très aiguës. Qui parfois ont du mal à "passer".

J'étais censée faire mes gammes tous les jours, bien sûr je les oubliais souvent.

Puisque je savais que ma prof ne me demanderait pas de les jouer devant elle.

Un jour, comme tu l'auras déja anticipé, lecteur facétieux, elle m'a fait jouer. Le milieu de la tessiture est passé tout seul, les graves ne sont quasi pas sortis, les aigus ont couiné de facon insupportable.

Ma prof a écarté ses mains de quelques dizaines de centimètres et elle a dit: "tu vois, en ce moment tu peux jouer de là à là. Mais si tu ne te forces pas à jouer les notes les plus graves, les notes les plus aiguës (et elle a écarté les mains encore plus) alors c'est toute ta tessiture qui va rétrécir (et ses mains se sont dangereusement rapprochées). Et même les notes qui te sont faciles maintenant vont devenir de plus en plus dures à jouer".

EH BEN LA VIE C'EST PAREIL.

Quand on a la flemme de de repousser nos limites, petit à petit elles se referment sur nous.

Eh ui.

En tout cas c'est ce que je me dis quand je lutte à mort contre TOUT (les étiquettes qui grattent, le Brexit, le travail, ma hiérarchie, les transports en commun, les gens dans les transports en commun, ma coloc qui claque les portes, les insomnies, et les etiquettes qui grattent)(#vraisproblemes).

J´ai l'impression que je m'épuise et que je perds juste mon temps, alors pour me consoler je me dis que je repousse à mains nues des limites qui comme ça ne se referment pas sur moi.

Merci d'avoir lu jusque là mais demain, par contre, on parle de nourriture.