mercredi 17 mai

"Il faut imaginer Sysiphe heureux" (Albert Camus) "BWAAAAAAAAAAAAAH" (répond Aurélia Dalma)

 

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(Je m'excuse bien platement pour la piètre qualité de la photo, mais la force philosophique de Sally et Charlie Brown est intacte).

 

Quand j'étais petite j'ai fait le conservatoire en hautbois. J'ai commencé en CP avec le solfège, puis j'ai continué jusqu'au bac, puis j'ai eu trop de travail et j'ai tout arrêté. (Ma mère m'avait alors dit d'un air profond et en hochant la tête: "un jour tu comprendras pourquoi tu arrêtes maintenant")(je n'ai toujours pas compris)(ca s'appelle le talent, ne faites pas ca chez vous si vous n'êtes pas professionnels en talent).

Pendant toutes mon enfance et mon adolescence aller au conservatoire faisait parti de mon quotidien, je faisais de l'orchestre, de la musique de chambre, des tas d'auditions, de concerts et d'examens.

Ma prof était une très bonne prof de hautbois, et elle m'a parfois donné des conseils qui me suivent encore.

Par exemple, pour tous les instruments, il faut faire ses gammes. Ce n'est pas un moment très chatoyant, c'est l'échauffement, pour délier les doigts, la posture, le souffle.

En hautbois, le dosage de l'air et de la pression est intense, et bien plus encore quand on joue des notes très graves ou très aiguës. Qui parfois ont du mal à "passer".

J'étais censée faire mes gammes tous les jours, bien sûr je les oubliais souvent.

Puisque je savais que ma prof ne me demanderait pas de les jouer devant elle.

Un jour, comme tu l'auras déja anticipé, lecteur facétieux, elle m'a fait jouer. Le milieu de la tessiture est passé tout seul, les graves ne sont quasi pas sortis, les aigus ont couiné de facon insupportable.

Ma prof a écarté ses mains de quelques dizaines de centimètres et elle a dit: "tu vois, en ce moment tu peux jouer de là à là. Mais si tu ne te forces pas à jouer les notes les plus graves, les notes les plus aiguës (et elle a écarté les mains encore plus) alors c'est toute ta tessiture qui va rétrécir (et ses mains se sont dangereusement rapprochées). Et même les notes qui te sont faciles maintenant vont devenir de plus en plus dures à jouer".

EH BEN LA VIE C'EST PAREIL.

Quand on a la flemme de de repousser nos limites, petit à petit elles se referment sur nous.

Eh ui.

En tout cas c'est ce que je me dis quand je lutte à mort contre TOUT (les étiquettes qui grattent, le Brexit, le travail, ma hiérarchie, les transports en commun, les gens dans les transports en commun, ma coloc qui claque les portes, les insomnies, et les etiquettes qui grattent)(#vraisproblemes).

J´ai l'impression que je m'épuise et que je perds juste mon temps, alors pour me consoler je me dis que je repousse à mains nues des limites qui comme ça ne se referment pas sur moi.

Merci d'avoir lu jusque là mais demain, par contre, on parle de nourriture.

Posté par _ Aurelia _ à 05:24 - Commentaires [5] - Permalien [#]

mardi 16 mai

Marquée à la culotte

Je fais du yoga trois fois par semaine.

Tout ce sport, eh oui!

Avec une régularité de métronome, eh oui!

Depuis presque 18 mois sans discontinuer (car même quand je pars en vacances je prends mon tapis avec moi), eh ouiiiiii!

(applaudissements de la foule en délire, demandes d'autographes, fans foufous qui me supplient de leur donner mon secret).

Le secret c'est que j'en ai besoin, autant pour faire comprendre à mon lard qu'il faut qu'il se détache de mon cucul, que pour maintenir ma scoliose à distance.

Ah, et aussi parce que la prof est exceptionnellement géniale.

Le seul petit souci c'est de se ballader en legging pendant les cours. Oh bien sûr on en porte tous un, oh bien sûr on montre tous popotin à la ronde, mais tout de même, la grosse marque de culotte que je me payais à fini par peser.

"Je vais m'acheter un truc sans coutures", j'ai pensé.

Aussitôt dit, aussitôt fait et... Non. Ma fesse rebelle continuait à marquer le pli.

J'étais un peu dépitée mais j'ai cherché encore, je me suis enfoncée dans les méandres du rayon slip à mémé de chez Marks and Spencer, et j'en suis resortie avec un truc qui va de la fesse à sous les bras à peu près, en couvrant tout au passage, en pure microfibre sans coutures, opaque certes mais plus invisible tu meurs.

Une fois sous mon legging, j'étais la discretion même.

J'en ai acheté un bon lot, et maintenant je ne me soucie plus de mes arrières.

Sauf que trois fois par semaine, quand je m'habille le matin et enfile ce qui ressemble fort aux braies d'Obelix (mais Obelix en microfibres) je suis la dépression même.

Ça ne s'explique pas, mais c'est dur quand même.

Ce qui fait que l'autre jour, quand je suis tombée sur cette BD de Sarah Andersen (que j'adore par ailleurs) je me suis étouffée dans mon tilleul-menthe.

 

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(Quand je porte de jolis sous-vetements --> Secrètement heureuse

Quand je porte des sous-vetements moches --> secrètement malheureuse)

 

Nous sommes donc au moins deux à avoir un lourd passif de slip...

Avec toi?

Posté par _ Aurelia _ à 05:33 - Commentaires [2] - Permalien [#]
lundi 15 mai

Entre mes mains

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J'ai vécu jusqu'à assez tard chez mes parents, et un jour je ne sais pas pourquoi ça a arrêté d'être chez moi. Quand j'étais petite je ne me posais même pas la question, et puis un jour ça a arrêté comme ça. Il était temps de partir découvrir d'autres horizons. (Ce que ne veut pas dire que je n'y reviens pas avec soulagement pour les vacances, et que les projets de déménagement répétés avec fougue de mes parents ne me stressent pas jusque là).

Depuis que j'habite à Londres, je loue direct à des propriétaires, avec des contrats bidons qui ne tiendraient pas deux secondes devant un avocat. Tout peut s'arrêter en une seconde, je peux me faire virer du jour au lendemain et ce n'est pas une métaphore. D'ailleurs ça m'est arrivé il y a trois ans, ce fut un beau traumatisme, vu que se loger à Londres c'est juste complètement horrible.

Parfois je me dis que je dormirais mieux la nuit si j'avais un vrai toit sur la tête, parfois je me dis que quand on est pauvre c'est mieux d'avoir des goûts de pauvres, et que je fais tellement partie de cette génération de locataires à la vie à la mort que je devrais juste arrêter d'y penser et trouver ma tranquillité ailleurs.

J'aime cette phrase qui dit que le sage a sa maison sous ses pieds. La mienne est dans mes mains. Où que je sois, je retourne mes mains, paumes vers le haut, je les regarde et je suis chez moi.

Je les connais par coeur, toutes leurs petites rides, il paraît que lors de ma première journée sur terre j'ai passé des heures à les regarder comme un cosmonaute miniature en apesanteur.

Toi aussi lecteur, viens partager tes névroses cheloues dans les commentaires.

À moins que tu ne préfères partager ta recette des crêpes.

C'est bon les crêpes.

Posté par _ Aurelia _ à 07:57 - Commentaires [3] - Permalien [#]