vendredi 02 juin

Le goût de la roquette

Mercredi, 10h30:

Depuis mars dernier j'ai un Fitbit. Ce petit bracelet compte mes pas et traque mes battements cardiaques, calculant combien de calories je brûle et si mon sommeil est agité ou non. 

On ne m'otera cependant pas de l'idée que le truc le plus rigolo dans Fitbit c'est la prononciation, on dirait toujours qu'on dit vaguement "p'tite bite" et c'est assez cool.
Tu le sais, qu'on est censé faire 10 000 pas par jour, pas vrai? Comme toutes les recommandations sanitaires un peu artificielles ça ne correspond à rien ni à personne mais, hier, saches que j'ai marché plus de 23 000 pas (soit un peu plus de 16km) et que ça faisait un peu mal dans les guibolles sur le chemin du retour. (Une journée normale au boulot je peux ne faire que 6000 pas, alors souvent je descends du train plusieurs arrêts en avance pour arriver au compte)(c'est un peu ridicule mais ça m'occupe, alors que veux-tu).
Ce qu'il faut surtout retenir c'est qu'hier, enfin, il faisait beau. Et après ces quelques jours de pluie et de froid, sur un malentendu ça m'a quasi redonné foi en l'humanité, c'est dire comment le manque de vitamine D fait mal.

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Je suis partie de chez moi vachement tôt (11h)(j'ai pensé à vous dire que j'avais un petit peu du mal à me bouger le matin?) et j'ai atterri avec joie au Musée d'Histoire Naturelle où j'ai passé trois heures à séparer les animaux en deux catégories : les punks, qu'on reconnaît à leur crête, les non-punks, qu'on reconnaît parce que je les prend en photo quand même. (J'avais mon petit dalma en peluche, car sortir un animal mou de mon sac, le poser sur un rebord de reconstitution de dinosaure, prendre une photo et partir en ricanant c'est un peu mon dada).

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14h45:

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Une histoire drôle : le grand dino debout sur cette photo a été découvert en 1904 par des cow-boys, ils l'ont vendu au cirque Barnum pour $250 et un six-coup. Sacrés cow-boys. En conséquence de quoi, vendre leur pays à un milliardaire sociopathe ne doit pas les déranger plus que ça. Ce pays est tellement cool. #not
Quand je suis sortie du musée je suis allée à Central Park pour dire coucou aux écureuils et après une petite heure de marche je me suis replongée dans la grande ville. Central Park c'est vraiment comme aller à la surface, prendre une grande gorgée d'air puis repartir en apnée dans la ville qui pue. Je me sentais comme le Grand Bleu en baskets Nike, quoi.
16h35:
Grâce à mon sens de l'orientation proche de l'Ohio j'ai réussi à tripler le parcours de la ballade prévue, tellement même dans une ville en plan à damier je suis fichue de partir bravement dans toutes les mauvaises directions qui s'offrent à moi.
J'ai sans doute attrapé deux cancers et demi, à manger de la pollution par chaque pore de mon être, mais j'ai aussi fait des jolies photos que je montrerai peut-être un jour, j'en avais pris des sympas aussi en octobre dernier et elles hibernent toujours quelque part dans mon disque dur.
18h55:
Après avoir traversé Manhattan de part en part j'ai voulu retourner au Grey Dog. Pour plus de toasts et plus de frites. Mais c'était complet...
J'ai donc erré sans but et en pleurnichant jusqu'à tomber sur une pâtisserie française (Maison Kayser, est-ce que les Parisiens ou les Lyonnais connaissent?) où j'ai acheté une tarte aux pommes plus française que ça tu meurs.

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C'est dans des moments comme celui-là que je me dit que je ne rentrerai jamais en France. Si tu peux avoir la tarte abricots rôtis crème de pistache avec vue​ sur le Flat Iron building, pourquoi se fatiguer à revenir dans un pays plein de gens que je comprends quand ils parlent?
Car le voilà, le secret de mon expatriation réussie. Les Anglais sont sans doute tout aussi débiles, racistes et casse-pompons que nous quand ils causent. Mais en fermant bien les oreilles, eux, je ne les comprends pas.
(C'était "Les voyages forment la jeunesse et de toute façon moi j'aime pas les gens", une rubrique proposée par Aurélia Dalma qui, donc, n'aime pas les gens).

Posté par _ Aurelia _ à 05:10 - Commentaires [0] - Permalien [#]

jeudi 01 juin

Adieu veaux, vaches, cochons, sérieux j'ai la flemme

(Petite note de début: je galère très fort à poster depuis mon téléphone, je n'arrive pas à faire de liens et charger une photo prend des heures. Quand je rentrerai à Londres je reviendrai indiquer les bonnes adresses, avec lien vers les sites internet et des plans de New-York un peu plus jolis que ça)(promis, juré, craché, ptoui).
Mardi, midi:
Être réveillée depuis 6h15 et ne partir de chez moi que maintenant? C'est possible...
Pluie+froid+j'ai pas pris de manteau parce que je pensais qu'il ferait bon en mai+grosse fatigue+hier c'était cool mais je me suis endormie à minuit ont fait que ce mardi sera en mode ralenti.
12h45:
Le métro de NY est la 11e plaie d'Égypte je pense. Là, on est bloqués comme des lampions à 20 mètres sous terre et même si le chauffeur crachote des explications dans le micro c'est toujours aussi relou. Fière de moi, j'arrive à comprendre tout ce qu'il dit. Ce qu'il dit surtout, c'est que j'ai intérêt à descendre au prochain arrêt, même si c'est celui d'avant ma destination, parce qu'après ça va être l'Enfer de Dante durant un jour sans.
Je ne me fais pas prier et sors à l'air libre. Et me fais saucer la djeule. Mais alors bien, hein.
J'ai faim, j'ai froid, il pleut dans mes baskets, mes chaussettes font floc floc, la tristesse est totale.
Alors que je suis en train de me perdre dans une rue non indiquée je vois un couple de gens un peu âgés qui regarde un menu. Je regarde ce qui se trouve derrière ledit menu: une bien jolie devanture de troquet festif.

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Moi, j'ai une théorie: si tu veux manger un truc bon il faut regarder à travers la vitrine et faire la moyenne d'âge des gens présent. Plus il y a de vieux, plus ça a de chances d'être delicieux, parce que les jeunes ça peut manger du carton bombé à la peinture dorée, mais après un certain âge on se méfie.
Je lève alors les yeux vers l'enseigne: The Grey Dog. 
Tout cela m'inspire confiance: je passe la porte
13h12:
Joie, bonheur, country music et frites, peu de mots peuvent décrire comment je me sentais à ce moment-là​, et je viens justement de les utiliser.
J'ai mon app Mapstr bourrée de bonnes adresses trouvées dans des guides ou sur la toile, mais rien ne peut me rendre plus heureuse que de découvrir un chouette coin moi-même.
Ce petit café à la musique un peu trop forte et aux frites méga croustillante, avec son poster "Willie Nelson for President" et le reste de sa déco uniquement kitsch et pleine de chiens, je le conseille très fort.

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J'y ai englouti les plus chouettes toasts à l'avocat de ma jeune vie, et j'ai commencé ma grande série de photo "tu l'as vu mon Dalma en peluche" que je compte bien poursuivre encore un peu..
Le reste de la journée ne fut pas très flambant, il faisait tellement froid et mauvais que je me suis réfugiée dans des magasins pour passer le temps. À "Fishs Eddie", un magasin de trucs pour la maison que j'avais découvert la dernière fois et que j'adore. Tout y est beaucoup trop cher et inutile, mais moi la vaisselle c'est ma grande passion. J'ai même acheté un pot bleu qui ne sert à rien, parce qu'il était en extra solde à $5. Parfois, je me fatigue toute seule.

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J'ai perdu un peu de temps à la librairie Barnes&Noble aussi, mais tout ce que j'ai acheté c'est une carte postale pour mes Papa/Maman et je suis désolée les gens, mais il s'avère que ce voyage à New-York correspond avec ma plus grosse crise de décroissance à ce jour, je n'arrive pas à faire de shopping, tout est vain et je ne vous rapporte que dalle.
Un truc, d'ailleurs, m'a fait un peu réfléchir.
Il y a 12 ans j'étais à Florence avec ma famille, et j'avais acheté un petit set de papeterie dorée sur tranche parce qu'il semblerait que le papier à lettres joli soit une spécialité de cette partie-là de l'Italie.
Ce set, bien trop chouette pour être utilisé, dort depuis 12 ans sur mon bureau.
Ce set, il est là sous les yeux, à Union Square en plein coeur de New-York.

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Acheter de la papeterie florentine quelque part du côté du Flat Iron District? Manger au burger au McDo de Firenze (car c'est mon frère qui m'y avait trainée)? J'aurais donc fait les deux.
C'est encore un peu flou dans ma tête, mais ça m'aura beaucoup fait avancer sur le chemin du "j'arrête d'acheter des trucs, parce qu'à la fin ça ne sert plus à rien".

 

Posté par _ Aurelia _ à 16:35 - Commentaires [0] - Permalien [#]