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Natural History Museum - NYC - 2017

Je ne m'intéresse pas à la mode.

Pour être honnête, elle ne s'intéresse pas à moi non plus.

Par contre, j'aime bien les couleurs. J'aime bien (allez-y, jugez-moi en toute mesquinerie) le principe du patchwork. Je trouve ça fascinant de voir que deux tissus, mis côte-à-côte, en créent un troisième. Il se passe quelque chose, quand on associe les couleurs, les motifs, assortis ou complémentaires, qui relève de la vraie création. Et j'aime beaucoup ça.
Jean Sebastien Bach avait créé le concept de "je fais jouer deux mélodies, leur rencontre en créé une troisième".
Moi pareil, mais avec des tissus à fleurs vintages trouvés sur eBay, telle une Laura Ingals de la dentelle aux enchères. (Un jour j'ai créé un super dessus de lit, j'ai tout cousu et repassé et rembourré, le résultat est chouette et ça m'a rendue super fière parce que je ne m'en croyais pas capable)(on a les challenges qu'on peut).
Quand vous aurez fini de rire, sachez que récemment j'ai rangé, trié, dépoussiéré mon armoire.
Un tri drastique et fabuleux, où j'ai jeté ou donné énormément d'habits (un jour je te raconterai, mais j'ai perdu énormément de poids, quatre tailles de fringue quand même, et il n'y a que très peu de trucs que tu peux porter avec quatre tailles en moins: les chaussettes et les écharpes en fait).
Bon, je ne vais pas t'encourager à perdre tout ton lard, surtout que si tu fais déjà du 38 tu vas risquer ta vie quand même, mais passer plusieurs heures -réparties sur trois weekends, par exemple- devant ta penderie, à essayer des tenues, à écarter ce qui est vraiment trop vieux, trop moche, trop usé, qui gratte, qui coince, que tu n'as plus mis depuis 2002... Donner ce qui est encore portable, jeter le reste. Et respirer.
Ça m'a surpris, je ne m'attendais pas à être heureuse devant mon armoire tous les soirs, en associant un jean, un t-shirt, un gilet, une écharpe pour le lendemain. (C'est à peu près comment je m'habille 90% du temps, ça me permet d'avoir des couches à mettre ou enlever, pour survivre aux changements de classes et de bureaux, et comme j'assortis les couleurs ça me permet de prétendre que je ne suis pas toujours habillée pareil).
En fait, ce qui me réjouit dans cette nouvelle activité, c'est d'avoir renversé ce qui était une obligation (m'habiller pour ne pas sortir cul nu dans la rue) en quelque chose de marrant. Redécouvrir mon vieux pull de 1999 (ceci n'est pas une blague, je porte du vrai vintage acheté à la Camif quand on était encore en francs, je vous vois bien frétiller de jalousie derrière vos écrans vous savez), me dire que j'ai bien fait de garder cette étole à 5 euros du marché, qui est du même bleu que ce t-shirt Marks and Spencer acheté le mois dernier.
C'est nouille mais j'assume, c'est mon (absence de ) style et le confort primera toujours, mais j'ai l'impression de plus choisir ce que je porte, de ne pas m'habiller par défaut et par dépit, et ça a plus amélioré ma vie que ce à quoi je m'attendais.

Glenn Miller & his Orchestra - Moonlight Serenade (audio)