mercredi 24 mai

Drame en un acte

 

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C'est la fin de la leçon, la plupart de mes élèves sont déjà dans le couloir, quand je réalise qu'au fond de la classe Nelly pleure à gros sanglots. Assise à côté d'elle pendant le cours, Sylvia vient de partir le menton en l'air et sans un mot. À la même table (mes élèves sont assises par quatre), en train de prendre les dernières notes, Maya a l'air de ne pas suivre la scène et s'affaire plutôt à souligner les mot-clés.

"Que se passe-t-il Nelly?", je demande, absolument désolée. Cette gamine est adorable, mais peut se mettre dans tous ses états quand elle ne comprend pas quelque chose: elle a déja pleuré à cause d'une mauvaise note.

"Riiiieeeeeen", elle hoquète.

"Dis-moi ce que je peux faire pour arranger les choses". je reformule, me rappelant les derniers éléments de language super précis qu'on nous demande d'utiliser avec les élèves. (Il s'agit d'exprimer, avec un language positif et ouvert, une question qui les invitera au dialogue et à l'échange)("Rhaaaaa bon sang, ne te balances pas sur ta chaise, tu es déjà tombée vingt-sept fois et ça me saoûle" est un très bon contre-exemple)(alors que pourtant, parfois, c'est le seul truc que tu voudrais vraiment exprimer)(c'est dommage).

"Il y a une fille d'une autre classe qui a dit des ragots sur Nelly et Sylvia les a crus", explique Maya sans lever la tête de son cahier.

Nelly redouble de sanglots en tentant vainement de faire rentrer son cahier de français dans un sac déjà plein à craquer.

Il ne sera pas dit qu'il y aura du harcelement scolaire dans ma classe! J'interviens alors:

"Eh bien c'est à cette autre fille de se sentir mal, et c'est à Sylvia de ne pas écouter les ragots. Ce n'est pas à toi de pleurer, du tout!"  j'assène avec force.

(Qu'on m'envoie au Moyen-Orient, à la fin, je suis si douée pour apaiser les conflits).

Et puis j'ajoute, comme pour me justifier: "Je ne savais vraiment pas qu'il y avait un probleme entre vous, toute votre table travaille si bien ensemble, c'est pour ça que je ne vous changeais jamais de place".

C'est alors que fermant son cahier d'un geste sec Maya a conclu, laconique: "oh, il n'y a pas de problème du tout, elles sont meilleures amies".

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mardi 23 mai

L'oeuf, la poule et le sous-pull marron

J'ai bien dû regarder cette vidéo 5 ou 6 fois. Bon, ok, plutôt 27 ou 30. Et je ne pense pas avoir ri une seule fois, parce que j'étais trop occupée à être magnetiséehallucinéefascinée par le réalisme de chaque mimique, chaque syllabe et chaque respiration.

 

Alexandre Astier - La Physique Quantique (entier et sous-titré)

Parfois on fait des choses qui nous glissent dessus et n'ont pas l'air de laisser beaucoup de traces, mais mon diplôme en histoire est vraiment quelque chose que je trouve fondateur et une grande part de mon identité.

J'ai d'autres diplômes (donc un qui me sert un peu au quotidien vu que c'est mon Certificate in Education, mon Capes briton, quoi), mais finalement -peut-être parce que c'est encore trop frais- ça m'a moins marquée.

Ah, si, peut-être, cette médaille de judo obtenue quand j'avais 8 ans. À la fin de l'année on avait fait une mini compétition devant les parents. On était par groupes de trois, j'avais fini troisième.

C'était dur, j'avais eu l'impression de tomber sur deux filles enragées et mon sens de la compétition alors inexistant n'avait pas fait long feu. Toute l'année on n'avait fait que s'entraîner, quand on se "battait" à deux c'était uniquement pour apprendre les prises, alors je crois que je n'avais même pas compris ce que j'étais censée faire le jour de la compétition finale.

Toujours est-il qu'on avait tous reçu une médaille et que je crois que je l'ai toujours quelque part dans une boîte, passée dans un fil de scoubidou orange pour pouvoir la porter en collier.

Car j'ai toujours eu beaucoup de goûts.

Pour en revenir à la vidéo, je n'ai peut-être jamais étudié la physique quantique (alors que ça a l'air festif comme tout) mais chaque parcelle de description de l'enseignement supérieur y est tellement bien décrite, je couine.

"L'art c'est décrire l'ineffable", avait dit mon prof de lettres en troisième. Le décrire, le jouer, le crier, le rouler par terre aussi, finalement.

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lundi 22 mai

Les grands inventeurs méconnus

Certaines des plus grandes découvertes ont été faites par hazard, comme Alexander Fleming avec la pénicilline qui ne ressemblait qu'à un vieux bout de beurre oublié avant de sauver des vies un peu partout à travers le monde. (Et celle de mon pied l'année dernière quand je me suis brûlée au second degré et que ça s'est infecté et que c'était dégoûtant).

J'en parle parce que ce week-end j'ai cuisiné à nouveau un gros plat de porridge à la courgette. Dans un bel élan créatif j'ai ajouté trois branches de céleri coupées en petits dés. Non seulement le résultat m'enchante mais en plus je me demande: des flocons d'avoine mous dans du bouillon de légumes insipide et des petits bouts de trucs verts qui surnagent: et si j'avais inventé, par hazard, le remède ultime à la gueule de bois?

Moi je ne bois pas alors je ne saurai jamais, mais je pose ça là et laisse l'histoire en juger.

Ah quoique non, attendez, j'avais une autre info: je crois que Mumu a trouvé un petit boulot. Et dire qu'il nous l'avait caché...

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(Images choppées dans un Bio&Co où visiblement Mumu passe du bon temps).

Posté par _ Aurelia _ à 10:18 - Commentaires [2] - Permalien [#]
vendredi 19 mai

Souple et élastique

 Mercredi, j'ai réussi à faire cette posture au yoga.

 

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Bon, en soit ce n'est pas la fin du monde, mais c'est toujours un tel sentiment de victoire quand on arrive enfin à faire quelque chose pour la première fois après avoir pas mal essayé, non?

Les témoignages qui me décrivent courant autour du studio de danse avec mon t-shirt sur la tête comme un footballeur sont complètement exagérés, par contre.

En fait, comme toute posture qui encourage à avoir le cucul par dessus la têtête, c'est un peu plus impressionnant à faire qu'à voir, parce que ça fait comme des guilis du côté de la sensation d'équilibre. (Tu es fermement ancré sur le sol mais tu te sens presque voguer dans l'atmosphère avec les petits oiseaux).

La suite logique c'est ça (je l'ai fait aussi, je n'ai aucune limites je vous dis) et en terme de tête-à-tête avec ton nombril on ne fait pas beaucoup mieux.

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Certes, je me suis claqué un truc dans le dos et je ne peux plus bouger une seule épaule depuis, mais je reste persuadée que c'est une coïncidence.

 Au fait, j'ai reçu une réaction à la note d'hier...

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Bon week-end, et pas trop de porridge, hein!

Posté par _ Aurelia _ à 05:42 - Commentaires [2] - Permalien [#]
jeudi 18 mai

Nourriture, donc

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J'avais promis de la nourriture, et me voilà donc prête à partager ma dernière découverte culinaire en date. Une recette d'exception, qui fond sous la dent et va faire de vous l'hôte le plus prisé du tout Paris.

Le porridge à la courgette.

Eh oui.

(Fin de la blague).

Car non, je ne plaisante pas. Un jour où j'avais souhaité m'auto-faire du mal, un jour où je voulais que la vie perde son sens, un jour où j'avais décidé d'arrêter le sucre, donc... J'ai eu envie de me faire un p'tit bol de porridge. Et d'y ajouter du sel.

C'est ainsi que les Écossais le mange, et ça en fait un peuple fier et qui roule les "r". Voilà qui me donnait envie.

La vérité c'est que mes flocons cuits à l'eau avec du sel (et du poivre) étaient vraiment délicieux. Comme il m'arrive aussi parfois de faire cuire mon porridge au four, dimanche dernier j'ai tenté la recette qui suit:

- 240gr de flocons d'avoine 

- 1 grosse courgette

- du bouillon de légumes

- du sel et du poivre

J'ai mis les flocons dans un saladier, j'ai ajouté la courgette coupée en lamelles fines, j'ai recouvert de bouillon et j'ai attendu que ça gonfle. (Le bouillon c'était un cube dans un litre d'eau bien chaude, ça en faisait un peu trop, j'ai dû enchainer avec un gratin).

Une fois que mes flocons ont eu l'air bien imbibés j'ai ajouté du sel et du poivre, j'ai tout versé dans un plat à four avec encore un peu plus de bouillon, et j'ai fait cuire un certain temps. Plus d'une demi-heure. Histoire que tout le bouillon soit bien évaporé.

Comment ça, tu souhaites des indications précises ?

Mon four, c'est le croisement entre un silex chauffé à blanc frotté et un réacteur nucléaire. Que les aliments y cuisent est en soit un miracle, n'espère pas non plus un temps de cuisson réglementaire.

Ne doutant pas une seconde que tu es sur le point de faire ma recette miracle et de t'en délecter pour tes 6 prochains petits déjeuners (240gr de flocons font 6 portions, te voilà prévenu) j'attends de pied ferme tes photos Instagram avec le hashtag #JeSuisPorridge.

Et pour ceux qui s'attendaient à une VRAIE recette alléchante, à base de ganache praliné et de crème légère...

En juillet cela fera 6 ans que j'habite en Angleterre. Vu comment mon alimentation dégénère à vue d'oeil, je crois qu'on peut dire que je suis bien intégrée.

PS: non, la photo n'a rien à voir, mais entre du porridge à la courgette et un bien beau paysage anglais, qu'est-ce que tu choisis? Voilà, hein. On est d'accord. 

Allez, à tes fourneaux! J'ai trop hâte d'apprendre que tu as remplacé l'avoine par du beurre et la courgette par du chocolat et que du coup tu t'es retrouvé avec un truc BON dans ton assiette. #JeSuisBrownie

Posté par _ Aurelia _ à 05:28 - Commentaires [7] - Permalien [#]

mercredi 17 mai

"Il faut imaginer Sysiphe heureux" (Albert Camus) "BWAAAAAAAAAAAAAH" (répond Aurélia Dalma)

 

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(Je m'excuse bien platement pour la piètre qualité de la photo, mais la force philosophique de Sally et Charlie Brown est intacte).

 

Quand j'étais petite j'ai fait le conservatoire en hautbois. J'ai commencé en CP avec le solfège, puis j'ai continué jusqu'au bac, puis j'ai eu trop de travail et j'ai tout arrêté. (Ma mère m'avait alors dit d'un air profond et en hochant la tête: "un jour tu comprendras pourquoi tu arrêtes maintenant")(je n'ai toujours pas compris)(ca s'appelle le talent, ne faites pas ca chez vous si vous n'êtes pas professionnels en talent).

Pendant toutes mon enfance et mon adolescence aller au conservatoire faisait parti de mon quotidien, je faisais de l'orchestre, de la musique de chambre, des tas d'auditions, de concerts et d'examens.

Ma prof était une très bonne prof de hautbois, et elle m'a parfois donné des conseils qui me suivent encore.

Par exemple, pour tous les instruments, il faut faire ses gammes. Ce n'est pas un moment très chatoyant, c'est l'échauffement, pour délier les doigts, la posture, le souffle.

En hautbois, le dosage de l'air et de la pression est intense, et bien plus encore quand on joue des notes très graves ou très aiguës. Qui parfois ont du mal à "passer".

J'étais censée faire mes gammes tous les jours, bien sûr je les oubliais souvent.

Puisque je savais que ma prof ne me demanderait pas de les jouer devant elle.

Un jour, comme tu l'auras déja anticipé, lecteur facétieux, elle m'a fait jouer. Le milieu de la tessiture est passé tout seul, les graves ne sont quasi pas sortis, les aigus ont couiné de facon insupportable.

Ma prof a écarté ses mains de quelques dizaines de centimètres et elle a dit: "tu vois, en ce moment tu peux jouer de là à là. Mais si tu ne te forces pas à jouer les notes les plus graves, les notes les plus aiguës (et elle a écarté les mains encore plus) alors c'est toute ta tessiture qui va rétrécir (et ses mains se sont dangereusement rapprochées). Et même les notes qui te sont faciles maintenant vont devenir de plus en plus dures à jouer".

EH BEN LA VIE C'EST PAREIL.

Quand on a la flemme de de repousser nos limites, petit à petit elles se referment sur nous.

Eh ui.

En tout cas c'est ce que je me dis quand je lutte à mort contre TOUT (les étiquettes qui grattent, le Brexit, le travail, ma hiérarchie, les transports en commun, les gens dans les transports en commun, ma coloc qui claque les portes, les insomnies, et les etiquettes qui grattent)(#vraisproblemes).

J´ai l'impression que je m'épuise et que je perds juste mon temps, alors pour me consoler je me dis que je repousse à mains nues des limites qui comme ça ne se referment pas sur moi.

Merci d'avoir lu jusque là mais demain, par contre, on parle de nourriture.

Posté par _ Aurelia _ à 05:24 - Commentaires [5] - Permalien [#]
mardi 16 mai

Marquée à la culotte

Je fais du yoga trois fois par semaine.

Tout ce sport, eh oui!

Avec une régularité de métronome, eh oui!

Depuis presque 18 mois sans discontinuer (car même quand je pars en vacances je prends mon tapis avec moi), eh ouiiiiii!

(applaudissements de la foule en délire, demandes d'autographes, fans foufous qui me supplient de leur donner mon secret).

Le secret c'est que j'en ai besoin, autant pour faire comprendre à mon lard qu'il faut qu'il se détache de mon cucul, que pour maintenir ma scoliose à distance.

Ah, et aussi parce que la prof est exceptionnellement géniale.

Le seul petit souci c'est de se ballader en legging pendant les cours. Oh bien sûr on en porte tous un, oh bien sûr on montre tous popotin à la ronde, mais tout de même, la grosse marque de culotte que je me payais à fini par peser.

"Je vais m'acheter un truc sans coutures", j'ai pensé.

Aussitôt dit, aussitôt fait et... Non. Ma fesse rebelle continuait à marquer le pli.

J'étais un peu dépitée mais j'ai cherché encore, je me suis enfoncée dans les méandres du rayon slip à mémé de chez Marks and Spencer, et j'en suis resortie avec un truc qui va de la fesse à sous les bras à peu près, en couvrant tout au passage, en pure microfibre sans coutures, opaque certes mais plus invisible tu meurs.

Une fois sous mon legging, j'étais la discretion même.

J'en ai acheté un bon lot, et maintenant je ne me soucie plus de mes arrières.

Sauf que trois fois par semaine, quand je m'habille le matin et enfile ce qui ressemble fort aux braies d'Obelix (mais Obelix en microfibres) je suis la dépression même.

Ça ne s'explique pas, mais c'est dur quand même.

Ce qui fait que l'autre jour, quand je suis tombée sur cette BD de Sarah Andersen (que j'adore par ailleurs) je me suis étouffée dans mon tilleul-menthe.

 

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(Quand je porte de jolis sous-vetements --> Secrètement heureuse

Quand je porte des sous-vetements moches --> secrètement malheureuse)

 

Nous sommes donc au moins deux à avoir un lourd passif de slip...

Avec toi?

Posté par _ Aurelia _ à 05:33 - Commentaires [2] - Permalien [#]
lundi 15 mai

Entre mes mains

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J'ai vécu jusqu'à assez tard chez mes parents, et un jour je ne sais pas pourquoi ça a arrêté d'être chez moi. Quand j'étais petite je ne me posais même pas la question, et puis un jour ça a arrêté comme ça. Il était temps de partir découvrir d'autres horizons. (Ce que ne veut pas dire que je n'y reviens pas avec soulagement pour les vacances, et que les projets de déménagement répétés avec fougue de mes parents ne me stressent pas jusque là).

Depuis que j'habite à Londres, je loue direct à des propriétaires, avec des contrats bidons qui ne tiendraient pas deux secondes devant un avocat. Tout peut s'arrêter en une seconde, je peux me faire virer du jour au lendemain et ce n'est pas une métaphore. D'ailleurs ça m'est arrivé il y a trois ans, ce fut un beau traumatisme, vu que se loger à Londres c'est juste complètement horrible.

Parfois je me dis que je dormirais mieux la nuit si j'avais un vrai toit sur la tête, parfois je me dis que quand on est pauvre c'est mieux d'avoir des goûts de pauvres, et que je fais tellement partie de cette génération de locataires à la vie à la mort que je devrais juste arrêter d'y penser et trouver ma tranquillité ailleurs.

J'aime cette phrase qui dit que le sage a sa maison sous ses pieds. La mienne est dans mes mains. Où que je sois, je retourne mes mains, paumes vers le haut, je les regarde et je suis chez moi.

Je les connais par coeur, toutes leurs petites rides, il paraît que lors de ma première journée sur terre j'ai passé des heures à les regarder comme un cosmonaute miniature en apesanteur.

Toi aussi lecteur, viens partager tes névroses cheloues dans les commentaires.

À moins que tu ne préfères partager ta recette des crêpes.

C'est bon les crêpes.

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jeudi 13 avril

Dessine-moi un mouton avec des couettes

Dis, lecteur, ça te dit de recevoir un beau paquet enveloppé dans du papier cadeau imprimé teckel?

Non parce que voilà, je possède le plus beau papier cadeau du monde (imprimé teckel) et je ne savais pas comment t'en faire profiter (de l'imprimé teckel), du coup j'ai peint quelques aquarelles juste pour avoir un truc à expédier. Qu'est-ce que je ne ferais pas, pour du papier cadeau (imprimé teckel) beau comme ça!

Tu veux jeter un oeil ?

Tiens, regarde:

Est-ce que toi aussi tu détestes quand tu manges ton sandwich au beurre de cacahuètes assis sur ta belle nappe écarlate et qu'un écureuil sournois vient tout te piquer?

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Je ne dis pas que Muireadhach et Zorro sont la même personne, je dis juste qu'on ne les a jamais vus au même endroit au même moment.

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Cousine Faoiltiarna regarde un peu trop Masterchef, sa soupe aux épinards est de plus en plus étrange. VENDU

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La Saint Patrick ce n'est pas juste un jour par an, si on a le sens de la fête chevillé au corps (et pas mal de pintes de Guinness aussi).

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Et sinon, tu connais la Fée N'importe Quoi, la Fée Que Ce Qu'elle Veut et la Fée Des Bêtises? Il paraît que grâce à leurs pouvoirs magiques, si tu accroches ce tableau dans la chambre de tes enfants, ils ne la rangeront plus jamais. C'est fou, hein ?

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Pas grand chose à voir mais... Muireadhach souhaitait poser à côté de sa bibliothèque. Et oui, bien sûr qu'il a lu tout ce qui s'y trouve, d'ailleurs ça ce n'est même pas le dixième du quart de sa collection, attends. (Tu as vu les serre-livres en forme de dragon? Il en est si fier)(mais vraiment, tu sais). VENDU

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Les gens avaient dit à Cousine Morrighan qu'elle se lasserait bien vite de son île déserte. Mais ça fait maintenant trois mois qu'elle n'adresse la parole qu'à son cocktail bien tassé et franchement ça se passe super bien. Faut dire qu'avant elle était prof, alors le silence intense simplement brisé par le pas feutré du crabe timide c'est son dada.

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Tu souhaites accrocher un de ces tableautins laineux au dessus de ta cheminée en marbre ? Rien de plus simple.

Les commandes se font dans les commentaires de cette note seulement (comme ça je peux voir qui commande quoi en premier)(ton nom et ton mail suffisent, pas besoin d'avoir un blog)(et je suis la seule à voir ton adresse).

Chaque tableau fait 13x18cm et l'aquarelle à l'intérieur 10x15cm (comme une carte postale).

Le cadre est soit à poser soit à suspendre, la vitre est en plastique alors les enfants peuvent jongler avec en toute quiétude, ça ne cassera jamais.

Le prix c'est 25 euros frais de port compris et j'expédie tout ça en lettre prioritaire dès demain.

 Si tu es sage, j'ajoute un autocollant avec un éléphant rose. Car j'ai le sens du packaging.

Alors, qu'en dis-tu ?

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Posté par _ Aurelia _ à 06:46 - Commentaires [4] - Permalien [#]
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dimanche 19 mars

Elise a un problème

Elle a une malformation au niveau des yeux, et ses pupilles n'accomodent pas la lumière.

Parfois elle y voit très bien, et parfois ses pupilles ne se rétractent pas et elle est complètement aveuglée.

Quand je sais que son groupe arrive dans ma salle je baisse direct les stores et je mets la lumière électrique.

En Angleterre le tableau noir et la craie ce n'est pas leur truc, tout se passe sur des tableaux blancs avec marqueurs, et sur des tableaux retroéclairés sur lesquels les cours sont projetés. (J'essaie de dire par-là qu'on est dimanche soir et que je prépare des PowerPoints, parce que c'est comme ça que j'enseigne).

Pour Elise j'imprime le PowerPoint en grand format, une slide par page, et c'est comme ça qu'elle suit. Elle est assise au premier rang bien sûr, mais si j'écris quelque chose au tableau, un truc improvisé pas sur son PowerPoint imprimé, je viens et j'écris dans son cahier.

Elise participe à mort, elle lève tout le temps la main, s'insurge si je ne l'interroge pas assez, parle français en toute confiance (elle parle gujarati à la maison et anglais à l'école, les enfants qui parlent déjà deux langues -et il y en a énormément à Londres- sont parfois moins apeurés en cours de langues).

Elise a quand même un niveau assez faible, et son écriture se ressent de son handicap, elle écrit plutôt gros et pas très droit.

Mais je suis sûre qu'elle fera son bonhomme de chemin, parce que son handicap a plus l'air de la booster que de l'arrêter. Quand elle doit travailler en groupe, si les autres élèves ne tourne pas les documents vers elle assez vite, je la vois attraper les feuilles d'un coup sec et les parcourir, le nez collé, pour ne pas en perdre une miette et se retrouver dernière.

C'est elle qui est venu me dire que je devais lui imprimer les cours.

C'est elle qui me rappelle, quand je change la façon dont les élèves s'assoient dans ma classe, qu'elle doit rester au premier rang.

Le jour de la rencontre parents-profs ses deux parents m'ont demandé si je savais que leur fille avait droit à 25% de temps en plus pendant les contrôles. Ce n'était qu'une question rhétorique, j'ai bien aimé.

On est vendredi, il est 15h15 et les élèves ont fini semaine. Je suis en train de changer de bâtiment et me voilà prise dans une foule dense de petites filles pressées de rentrer chez elle. (J'enseigne en école de filles, c'est assez courant les écoles unisexes en Angleterre).

Je me retrouve à marcher à côté d'Elise, mais je ne sais pas si elle me voit.

"Hello Miss" elle dit. Ah ben voilà. "Hello Elise" je réponds.

"We have French on Monday?" elle demande.

On est en mars, je ne connais toujours pas mon emploi du temps, du coup je réponds "yeuweughyaeuwellyesIthink".

(Cette cascade est excécutée par un professionnel, ne faites pas ça chez vous).

"I like French, I like reading a lot", elle ajoute.

Et elle m'explique qu'elle lit au moins cinq livres par semaine, et elle me montre avec ses doigts combien les livres qu'elle lit sont épais.

Je lui réponds que moi aussi je lisais beaucoup quand j'avais son âge, et que j'adorais le français.

On s'est arrêtées au milieu de la cour et on laisse les autres élèves nous dépasser. Elle me pose alors la question que toutes mes classes me posent les unes après les autres: mais alors en France, on étudie le français, comme ici en Angleterre on étudie l'anglais? La litterature et tout et tout?

Pour mes élèves le français c'est un déluge de grammaire barbare, et un truc plutôt pas vraiment utile, alors que l'Anglais c'est le sujet le plus important de leur emploi du temps.

J'explique que oui, qu'on étudie des romans et qu'on écrit des rédactions, que c'était ma matière préférée.

Je l'ai étudié à la fac, alors? Non, j'ai étudié l'histoire. Ah bon, mais pourquoi j'enseigne le français? Parce que c'était ma langue maternelle, alors quand j'ai décidé de devenir professeure en Angleterre on m'a autorisée à l'enseigner.

Ah bon. D'accord.

"Have a nice weekend, Miss"

"Have a nice weekend, Elise, see you Monday".

Posté par _ Aurelia _ à 21:21 - Commentaires [2] - Permalien [#]
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