dimanche 19 mars

Elise a un problème

Elle a une malformation au niveau des yeux, et ses pupilles n'accomodent pas la lumière.

Parfois elle y voit très bien, et parfois ses pupilles ne se rétractent pas et elle est complètement aveuglée.

Quand je sais que son groupe arrive dans ma salle je baisse direct les stores et je mets la lumière électrique.

En Angleterre le tableau noir et la craie ce n'est pas leur truc, tout se passe sur des tableaux blancs avec marqueurs, et sur des tableaux retroéclairés sur lesquels les cours sont projetés. (J'essaie de dire par-là qu'on est dimanche soir et que je prépare des PowerPoints, parce que c'est comme ça que j'enseigne).

Pour Elise j'imprime le PowerPoint en grand format, une slide par page, et c'est comme ça qu'elle suit. Elle est assise au premier rang bien sûr, mais si j'écris quelque chose au tableau, un truc improvisé pas sur son PowerPoint imprimé, je viens et j'écris dans son cahier.

Elise participe à mort, elle lève tout le temps la main, s'insurge si je ne l'interroge pas assez, parle français en toute confiance (elle parle gujarati à la maison et anglais à l'école, les enfants qui parlent déjà deux langues -et il y en a énormément à Londres- sont parfois moins apeurés en cours de langues).

Elise a quand même un niveau assez faible, et son écriture se ressent de son handicap, elle écrit plutôt gros et pas très droit.

Mais je suis sûre qu'elle fera son bonhomme de chemin, parce que son handicap a plus l'air de la booster que de l'arrêter. Quand elle doit travailler en groupe, si les autres élèves ne tourne pas les documents vers elle assez vite, je la vois attraper les feuilles d'un coup sec et les parcourir, le nez collé, pour ne pas en perdre une miette et se retrouver dernière.

C'est elle qui est venu me dire que je devais lui imprimer les cours.

C'est elle qui me rappelle, quand je change la façon dont les élèves s'assoient dans ma classe, qu'elle doit rester au premier rang.

Le jour de la rencontre parents-profs ses deux parents m'ont demandé si je savais que leur fille avait droit à 25% de temps en plus pendant les contrôles. Ce n'était qu'une question rhétorique, j'ai bien aimé.

On est vendredi, il est 15h15 et les élèves ont fini semaine. Je suis en train de changer de bâtiment et me voilà prise dans une foule dense de petites filles pressées de rentrer chez elle. (J'enseigne en école de filles, c'est assez courant les écoles unisexes en Angleterre).

Je me retrouve à marcher à côté d'Elise, mais je ne sais pas si elle me voit.

"Hello Miss" elle dit. Ah ben voilà. "Hello Elise" je réponds.

"We have French on Monday?" elle demande.

On est en mars, je ne connais toujours pas mon emploi du temps, du coup je réponds "yeuweughyaeuwellyesIthink".

(Cette cascade est excécutée par un professionnel, ne faites pas ça chez vous).

"I like French, I like reading a lot", elle ajoute.

Et elle m'explique qu'elle lit au moins cinq livres par semaine, et elle me montre avec ses doigts combien les livres qu'elle lit sont épais.

Je lui réponds que moi aussi je lisais beaucoup quand j'avais son âge, et que j'adorais le français.

On s'est arrêtées au milieu de la cour et on laisse les autres élèves nous dépasser. Elle me pose alors la question que toutes mes classes me posent les unes après les autres: mais alors en France, on étudie le français, comme ici en Angleterre on étudie l'anglais? La litterature et tout et tout?

Pour mes élèves le français c'est un déluge de grammaire barbare, et un truc plutôt pas vraiment utile, alors que l'Anglais c'est le sujet le plus important de leur emploi du temps.

J'explique que oui, qu'on étudie des romans et qu'on écrit des rédactions, que c'était ma matière préférée.

Je l'ai étudié à la fac, alors? Non, j'ai étudié l'histoire. Ah bon, mais pourquoi j'enseigne le français? Parce que c'était ma langue maternelle, alors quand j'ai décidé de devenir professeure en Angleterre on m'a autorisée à l'enseigner.

Ah bon. D'accord.

"Have a nice weekend, Miss"

"Have a nice weekend, Elise, see you Monday".

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dimanche 19 février

New-York - Avant de partir

Quand j'ai préparé mon voyage à New-York, j'ai bien sûr acheté un guide papier (le Lonely Planet) mais c'est vraiment sur internet que j'ai trouvé toutes les informations dont j'avais besoin. J'ai adoré lire des récits de voyage sur des blogs, je m'y voyais déjà, j'ai glané des détails très pratiques, du coup je me suis dit que mon blog pourrait maintenant aider d'autres gens à préparer leurs vacances, alors j'ai tout regroupé dans quelques notes et voilà.

Aujourd'hui, quelques conseils pour préparer le séjour.

americas

Midtown

 

1) Trouver un billet d'avion:

C'était la première fois que je faisais un trajet aussi long en avion, et même s'il existe des compagnies low-cost qui font Londres-New-York tous les jours, je n'ai pas trouvé la différence de prix très importante et j'ai préféré m'en tenir à British Airways, pour ménager mon petit confort et ne pas arriver là-bas complètement claquée. Je pense que j'ai bien fait mais après tout si tu es jeune et fou grand bien te fasse, grace à ma crise de la trentaine j'ai appris à me ménager, je ne sors plus sans ma petite laine et ça me va mieux au teint. 

Bien sûr j'ai passé des mois à surveiller nerveusement les fluctuations des prix du billet sur Skyscanner, (et je recommande le site, après tout ça permet de faire plein de comparaisons quelle que soit ta destination), à lire des discussions en ligne qui expliquent que le prix du billet le moins cher s'obtient un mardi soir de pleine lune si on chante du Elvis en sautant sur un pied, mais comme je n'avais pas trop le choix dans les dates ou les horaires, vacances scolaires oblige, j'ai fini par réserver directement sur le site de British Airways. Comme je rentre en France quatre fois par ans depuis bientôt 6 ans, je commence à me sentir très détendue du slip dans les aéroports (tellement que j'ai failli rater mon dernier vol pour la France et passer Noël dans la boutique duty-free du Terminal 3 de Heathrow mais passons), j'ai même la carte de membre Executive Club alors s'il vous plaît, je vous en prie. (Oui, c'est la carte de fidélité de base, pas du tout classe affaire, mais sur le coup si on le dit vite ça en jette).

 

statue

Miss Liberty

2) Se loger:

Je suis bien sûr allée sur Airbnb et je ne rentrerai pas dans les polémiques du moment (surtout parce que je n'y comprends rien, en fait) mais je n'ai logé que chez des vrais gens qui font ça en plus de leur activité professionelle (en gros je logeais chez une femme qui vit seule avec sa fille, ça doit metre du beurre dans les épinards), même si je sais qu'il y a aussi des particuliers qui maintenant ne font que de la location. Pour moi c'était la solution la moins chère mais aussi la plus rassurante, je pense que c'est peut-être parce que j'habite en colocation depuis que je vis à Londres, mais je suis beaucoup plus anxieuse à l'idée d'aller à l'hôtel qu'à l'idée de dormir dans la maison de parfaits étrangers. (Je compte à l'instant que depuis juillet 2011 j'ai déjà vécu avec 13 personnes en tout, ça décoiffe).

J'ai bien sûr choisi des locations avec toutes les vérifications Airbnb possibles, chez des gens qui louaient depuis longtemps et avaient des dizaines de commentaires clients ultra-positifs.

La première nuit j'ai pris une chambre toute proche de l'aéroport, car je savais que j'arriverai tard. Puis le lendemain matin j'ai rejoint Brooklyn et l'appartement où j'ai ensuite logé le reste du séjour. 

pont

 Brooklyn Bridge

3) Internet et téléphone:

Il paraît que les US regorgent de wifi, mais moi je voulais avoir des data et pouvoir utiliser mon téléphone partout (car mon sens de l'orientation est proche de celui de la poule à qui tu viens de couper la tête, pour bien te situer, et sans CityMapper je n'aurais jamais survécu) alors j'ai commandé une SIM chez My Sim Usa. La carte SIM est arrivée très rapidement, je n'ai eu qu'à l'insérer dans mon téléphone désimlocké et tout a marché du premier coup. J'avais un numéro américain, j'aurais pu appeler et envoyer des sms, ou recevoir des appels à prix local. Je ne m'en suis pas servi mais j'imagine que c'est intéressant si on voyage dans une perpective plus professionnelle. Un peu cher mais je recommande, si ton opérateur ne te propose rien de mieux. 

 

moma

Au MoMa

4) Passeport et ESTA:

Assures-toi que ton passeport est à jour, c'est chatouilleux un douanier américain, j'aime autant te dire. Mes papiers étaient en règle, mais ils m'ont quand même fauché un sandwich au beurre de cacahuètes. J'en couine encore.

Et va aussi sur le site officiel pour faire ta demande d'ESTA. On ne me l'a pas demandé mais c'est pourtant obligatoire. C'est 14$ et c'est valable deux ans, ça remplace les anciens visas. Avec ça tu peux rester 90 jours pour du tourisme, et quand tu arrives à la douane tu auras pris soin de noter l'adresse de ta location pour bien expliquer où tu vas crêcher (Airbnb ou autre) parce que ça par contre on me l'a demandé.

Tu voyageras avec une valise certifiée TSA, aussi, jeune étourdi. Sinon je ne te dis pas dans quel état tu la retrouveras après le passage des douaniers.

colombus

Midtown

5) Depuis JFK:

Pour rejoindre Brooklyn ou Manhattan tu peux bien sûr prendre un taxi. De JFK à Manhattan c'est $50 prix fixe avec les taxis agrées. Mais avec les transports en commun c'est très simple aussi. Depuis l'aéroport tu prends le AirTrain (train qui fait une petite boucle en ramassant les gens dans chacuns des terminaux de JFK puis qui les emmène vers un arrêt de la ligne A qui s'appelle Howard's Beach). Une fois que tu es là, tu es officiellement dans le métro (subway) new-yorkais et tu rejoins ta destination. Pour pouvoir prendre cet AirTrain tu dois avoir une metrocard (la carte des transports de New-York) avec 5$ dessus, c'est le prix du trajet, mais elle ne sera en vente qu'à Howard's Beach. Comment faire? Ben monte dans le train quand même, une fois à destination tu achèteras ta carte, et mettras des sous dessus, et c'est comme ça que tu seras autorisé à quitter ledit train. Tu paieras le billet à la fin, quoi.

Tu n'as rien compris? Ce paragraphe est confus? "Ce qui ne te tue pas te rends plus fort", avait dit Nietzsche en parlant des transports en commun de New-York. "Et te donne envie de tout faire à pied", j'ajoute.

Mais passons.

 

night

Upper East Side

6) Divers:

Il faut que ton téléphone soit chargé quand tu arrives à la frontière (parce que s'il est éteint ça veut dire que tu es un terroriste)(eh ben si)(enfin en tout cas c'est une nouvelle règle), il parait que beaucoup de gens se font confisquer leur appareil parce qu'il est à plat.

Fais des photocopies de tes documents importants (Carte d'identité, passeport, réservations diverses, cartes bancaires MAIS FAIS GAFFE À NE PAS LES FAIRE TRAINER N'IMPORTE OÙ PETIT MALIN) parce que si tu venais à te les faire voler ça serait beaucoup plus facile de courir à l'ambassade et d'appeler ta banque avec ce genre de renseignements pour tout faire bloquer. Cette astuce grands voyageurs m'a bien aidée il y a quelques années quand je me suis fait voler mon portefeuille à l'étranger, avec mes super photocopies les formalités ont vite été expédiées. Depuis je voyage toujours avec mes documents importants dans mon sac à main et mes photocopies dans une valise à part.

Je porte une ceinture et des bretelles et je le vis bien, quoi.

 

chien

Padoum padoum

 

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mercredi 15 février

New-York Jour 1: Manhattan - le MoMa - Shacke Shak

Quand l'avion a atteri à JFK, j'étais bien enthousiaste. Je ne savais pas combien de temps prendraient les formalités mais j'étais pleine d'energie. J'avais réussi à ne pas dormir pendant le trajet, et c'était le plus important.
Le matin j'étais partie de chez moi avec ma grosse valise, j'avais enseigné toute la journée, j'avais décollé depuis Heathrow à 20h et quand on avait aterri à JFK il était 23h heure locale mais 2h du matin pour moi.
Pourtant le contrôle des passeport s'est bien passé; j'ai légèrement paniqué quand j'ai vu des gens sortir des formulaires imprimés, vu que je n'avais qu'un simple numero d'ETSA, mais en fait personne ne me l'a demandé.
Il a bien sûr fallu que je me fasse confisquer mon sandwich pain de seigle/beurre de cacahuetes et deux pommes (tout cela bio bien sur), car je n'ai toujours pas compris qu'on n'entre pas aux USA en leur apportant de la bouffe saine, ça les froisse dans leur dignité.
(Pour info je voyage entre Marseille et Londres sans problemes avec mes petits sandwichs, c'est pour ça que je me suis fait avoir comme une bleue).
J'ai récupéré ma valise, rien n'avait l'air d'avoir été abimé (j'ai bien sûr une valise avec une serrure TSA, je te conseille de ne pas tente de voyager sans ça), et j'ai foncé vers les taxis. . C'est très important de prendre des taxis agrées (les taxis jaunes), ou alors un Uber (oui oui je sais), pour ne pas payer un prix fou.
En 15 minutes j'étais chez la logueuse chez qui j'ai passé ma premiere nuit. J'ai pris une douche, me suis endormie avec difficultés, et me suis réveillée deux heures après, en pleine forme sauf qu'il était 4h du matin...
J'ai rapidement compris que cela ne servirait à rien de se rendormir, alors je suis repartie vers 6h, en envoyant un mail de remerciement et sous une chouette petite pluie glaciale.
Ce n'est qu'après quelques dizaines de mètres que je me suis rendue compte que j'étais seule, perdue quelque part dans le Queens, en pleine nuit un jour d'octobre, sous la pluie et avec une grosse valise qui m'empêchait de courir et qui scintillait du mot "touriste" de toutes ses forces.
Mon téléphone à la main pour trouver mon chemin jusqu'à la gare, je n'étais pas très tranquille.
Je fais une mini parenthese sur la sécurité ici: à Londres j'ai toujours habité des banlieues pauvres et pleine d'immigrés (car je suis pauvre et immigrée, t'as vu comment tout s'explique?) et je suis très en colère quand les gens se mettent à dire que "ça craint". Statistiquement, ce sont les endroits touristiques qui comportment le plus de vols et d'agressions à la personne, alors faites gaffe quand vous visitez Buckingham Palace, une morsure de corgie enragé est si vite arrivée.
Plus sérieusement, il y a un racisme énorme quand il s'agit d'associer "gens de couleur et on sait très bien laquelle" avec criminalité. Du coup, je me dit que les gens qui habitant dans le Queens (j'étais dans la partie "Little Jamaica") en sont sans doute très heureux, mais quand tu es une touriste/une meuf seule, c'est juste un peu normal de stresser et de ne pas s'arrêter pour discuter avec les gens, je pense.
J'ai pris le train et j'ai rejoint Brooklyn. C'était un peu long, si j'avais su j'aurais fait le trajet JFK-Brooklyn dès la sortie d'avion, c'est en fait moins compliqué que de partir de là où j'étais.
J'ai debarqué à 9h du matin chez la logeuse de mon second Airbnb, qui m'avait très gentiment proposé de poser ma valise pour pouvoir commencer mon exploration de la ville. (Quand tu réserves une chambre demande toujours au propriétaire si tu peux arriver ou repartir en dehors des heures indiquées sur le site, la plupart acceptent sans problème). Encore plus gentiment elle m'a donné un pass pour le MoMa (lien en français) car elle y travaillait, et comme il pleuvait, que j'étais épuisée, et que je ne savais pas où aller, je me suis retrouvée à aller voir de l'art moderne.
Là, c'est le moment où tu commences à me mépriser sévère, parce que je suis sur le point de te dire que je n'adore pas l'art moderne. Certaines pieces et certains artistes oui, sans conteste. Mais dans l'ensemble ce n'est pas ma période préférée.
J'ai adoré tomber sur House by the Railroad de Hopper. C'était juste à l'ouverture du musée, le corridor était désert, et j'ai pu prendre tout mon temps. Hopper est un de mes peintres préférés, j'ai passé un moment un peu en dehors du temps.
Dans le musée j'ai croisé beaucoup de peintres que j'avais étudiés à l'école d'art il y a longtemps. Il y a aussi beaucoup de Picasso, pas mal d'impressionistes (je n'aime pas trop trop les impressionists, jetez-moi des trucs si vous le souhaitez) mais comme les photos étaient autorisées j'ai passé mon temps à prendre en photos les gens devant les tableaux, et ça c'était rudiment bath'.
Info pratiques:
Le billet coûte $25 (gratuit pour les enfants jusqu'à 14 ans et $18 pour les étudiants).
Un samedi à l'ouverture c'était déja assez bondé, les gens faisaient la queue depuis 30 minutes devant les portes. Certaines salles sont trop petites et c'est vraiment génant, mais comme je suis restée quatre heures en tout j'ai pu circuler et revenir voir les pieces que j'avais manquées. Si vous le pouvez choisissez de venir en semaine, c'est plus simple. 
Il y a un café et une cafeteria (que je n'ai pas testés, là encore il y avait plein d'attente), si vous y allez avec des enfants il y a des chaises hautes et des activités pour les tenir occupés, et bien sur il y a deux boutiques. Une dans le musée, qui proposait même des activités, et comme il y avait une table recouverte d'un grand coloriage à compléter, j'ai pris un crayon et j'ai dessiné un mouton. Réflexe pavlovien dalmatien s'il en est.
Et une plus grande à l'extérieur: il est donc possible d'y revenir sans payer une nouvelle entrée au musée.
Les boutiques de musées c'est sympa pour les reproductions de tableau ou les cartes postales, mais aussi pour des objets originaux et légèrement design. J'ai acheté des petits cadeaux pour ma famille et vu des trucs que j'aurais voulus pour moi mais c'était quand meme assez cher.
Puis, je suis sortie et j'avais FAIM.
J'ai marché le long de la 5th avenue (mais cette partie n'est pas aussi jolie que dans la partie haute de Manhattan) car j'avais un but: les burgers de chez Shake Shack dont tout le monde parle sur la toile.
J'ai donc testé leur Shroom Burger dont les photos Instagram feraient baver l'escargot le plus sec. Sauf qu'en vrai j'ai trouvé ça absolument dégoûtant et trop gras, et leurs fameuses frites ne m'ont pas convaincue du tout. J'étais morte de faim et prête à tout mais j'ai mes limites. Je peux vous dénicher de super addresses de burgers à Londres si ça vous intéresse, mais à New-York je n'ai plus approché un seul truc frit de tout mon séjour.
J'étais tellement épuisée que j'étais de retour à ma chambre vers 16h. J'ai enfin pris une douche et j'ai déballé toutes mes affaires. L'endroit que j'avais loué était joli et confortable, c'était vraiment sympa de pouvoir étaler toutes mes affaires et me sentir chez moi pour une petite semaine. J'avais sans le savoir profité d'une livre sterling encore haute en réservant en mai (tout s'est effondré après le Brexit). Maintenant c'est un peu plus cher...
Vers 19h je me suis allongée sur la couette, un magazine à la main. Quand je me suis réveillée j'étais fraiche et reposée, prête à commencer une belle journée de visites et de découvertes.
Le seul petit souci c'est qu'il était 3h du matin.

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lundi 07 novembre

Nom d'une bûche en chocolat!

Toute flambant neuve et porteuse d'un concept vachement avant-guardiste, laisse-moi te présenter la collection de cartes de Noël 2016.

Dessiner des Rudy Reindeer tout pompette? Très fashion. Les scanner et les mettre en forme dans Photoshop? Vraiment trendy. Ajouter des couleurs? Booooouuuuh, so 2015! Eh oui, tu l'auras compris, la tendance est au co-lo-riage. Ce truc si chouette que tu faisais à l'âge de quatre ans avec tes crayons à la cire, et qui est maintenant reconnu d'utilité mondiale dans la lutte contre le stress.

Moi, la santé c'est mon dada. Je ne pouvais donc pas laisser le monde triste, seul, éploré, et sans moutons à colorier.

Alors j'ai agi.

J'ai choisi du beau papier très très épais, un carton de qualité sur lequel on peut dessiner (crayons, feutres, aquarelle, vazy tranquille, j'ai fait tous les tests), j'ai tracé quelques Rudy dans son habitat naturel et... Voilà!

Soit tu les colores toi-même et les envoie après.

Soit tu les postes encore en noir et blanc et c'est à ton interlocuteur de faire le boulot.

Soit tu les files discrètement aux enfants pour les tenir occupés pendant que tu tentes de fignoler le repas du jour... Puis ils enverront tout ça à leur grand-parents/parrains/marraines/nounou préférée. En fait c'est de la carte PÉDAGOGIQUE, quoi!

Please, passez vos commandes jusqu'à mercredi 20h, après je dois tout envoyer à l'imprimeur et il n'y aura pas de cartes en plus.

(Pardon de crier en rouge mais c'est assez crucial, comme info).

Oh, et il n'y a jamais de cadre noir autour de mes cartes, je rajoute ça juste pour pouvoir les montrer sur le blog (à fond blanc). 

 

Devine qui fait tout le boulot dans l'atelier du Père-Noël? Mais oui, les petits elfes-moutons dodus!

01 - Mouton-elfe à chapeau

Mouton elfe de noel preview

 

Décorer le sapin est une affaire sérieuse, surtout quand ledit sapin fait 5 mètres de haut.

 02 - Les moutons sortent l'échelle

Moutons decorations sapin preview

 

 

Les chocolats c'est sympa, le vin chaud aussi, mais les bisous sous le gui ça a quand même bien de l'allure, parole de renne.

03 - Rudy et Ermeline

Rudy bisou preview

 

Un bonheur que peu d'entre nous connaissent: acheter un pull de Noël avec notre gros nez rouge brodé dessus. Ok, en fait, SEUL Rudy connaît ça.

 04 - Rudy et son chandail personnalisé

Rudy pull de Noel preview

 

Une boîte de crayons, un train électrique, une paire de chaussons? Non, le plus beau cadeau c'est Rudy qui sort de sa boite bien sûr!

(En tout cas il en est fermement persuadé).

05 - Rudy qui bondit 

Rudy sort du cadeau preview

 

  Bien sûr, les cartes de l'année dernière sont toujours là.

Et les autocollants aussi, parce qu'ils sont si luxe et glossy: 30 motifs différents et trois exemplaires de chaque, ça fait 90 stickers à coller partout.

 

 

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1_stickers_2

Bien sûr, les moutons boivent toujours avec modération. 

 06 - Mouton-Rotschild

preview impression moutons new year

  

Bien sûr Rudy mange toujours les biscuits et laisse les carottes au Père-Noël

07 - Rudy partage

preview impression Rudy cookies

 

Bien sûr Rudy aime toujours autant la musique country

08 - Rudy, le cow-boy de Noël

preview impression Rudy country et chien

 

Bien sûr, Rudy sait lever le coude avec entrain 

09 - Merry Christmas

preview impression rudy vin chaud

 

Et les plus anciennes cartes, vous vous en souvenez?

10 - Rudy et son banjo

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11- Les moutons sous le gui

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12 - Il fait si soif

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13 - C'est fête!

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14 - Le clou du spectacle

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15 - Les bonnes résolutions

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16 - Tout est sous contrôle

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17 - Au clair de la lune

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18 - A table!

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19 - Petit mouton Noël

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Les prix: cette année les cartes à colorier coûtent 2,70€ pièce (c'est à peu près le prix coûtant, parce que c'est beaucoup plus cher de faire imprimer sur du papier à dessin)(mais ça en vaut la peine, crois-moi) (et chaque carte est bien sûr livrée avec une belle enveloppe rouge assortie).

Les cartes de l'année dernière (cartes 6 à 9) sont à 1,50€ (oui, l'enveloppe est toujours là).

Et les cartes encore plus anciennes (cartes 10 à 19) sont maintenant à 1€ (avec une enveloppe, tu m'arrêtes mais je crois que j'allais oublier de le préciser).

Le carnet d'autocollants coûte 7€ (non, là il n'y a pas d'enveloppe, ça ne servirait pas à grand chose).

Je calculerai ensuite les frais de port mais c'est du tarif lettre donc ça va.

Pour passer commande, un petit mail à clafoutissimo[@]gmail.com, ou un commentaire sous cette note de blog!

 

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lundi 03 octobre

"Ce qu'il faut de sanglots pour un air de guitare"

 

Mumu qui danse blog

 

Parfois je me dis que j'ai totalement raté mon adolescence.

Déjà, je n'ai quasi pas fait de crise. Je n'ai pas fugué, ou alors juste une fois: jusqu'à la boulangerie et c'était pour un croissant aux amandes.

Je n'ai pas versé dans le satanisme, sauf si lire trois fois Bridget Jones ça compte.

Je ne suis même pas devenue emo tendance gothique maquillage noir et corbeau sur l'épaule. J'avais un teckel, c'était autrement plus dramatique (quand ça fait pipi sur un tapis, par exemple)(sur les trois heures du mat')(en mode furtif, quoi).

J'aurais vraiment du virer gothique, c'est maintenant que je me rends compte à quel point j'étais faite pour la petite larme peinte à l'eye liner Yves Rocher sur une joue hésitante.

Tu te souviens quand, en janvier dernier, je t'ai dit que je fermais boutique pour de bon ? Vu que la plénitude de l'existence prenait toute la place dans ma vie ensoleillée et que seul le bonheur occupait l'espace de mes bras ?

J'étais shootée au yogurt/muesli/blueberries/chia pudding, je ne vois que ça.

J'étais étudiante pour devenir prof, surtout. Là, tout maintenant, je suis justement prof, quelle coïncidence. Par contre, au rythme où vont les choses, l'année prochaine j'épile des chèvres dans le Larzac et je fume le résultat, je pense.

Je n'en dis pas plus, je ne veux pas gacher le suspens. Toutes ces histoires tordantes d'élèves qui se jettent des tables à la tête doivent être racontées en temps et en heure.

Mais disons qu'il y a quelques instants, alors que je mangeais ma salade poivrons-amandes effilées, le feu de l'urgence créative s'est mis à brûler en moi.

"Si je ne dessine pas un mouton tout de suite les répercussions pourraient être dramatique", me suis-je alors dit dans l'intérieur du dedans de moi-même.

J'avais arrêté de parler ici quand tout allait trop bien.

Tellement de nuits de sommeil en moins, de stress, de doute, de rage et de Brexit, à peine quatre semaines après avoir commencé mon nouveau boulot, donc, et déjà si proche du burn-out, me revoilà dans l'espoir fervent que créer (du mouton à poil, principalement) sera mon échappatoire tant espérée.

Moi, kiffer tellement le stress que j'en redeviens lyrique et productive ?

Moi, me rouler dans les ceintures cloutées et me frapper le front comme seule façon de retrouver la motivation ?

Moi, dalma gothique emo tendance drama queen ?

Pfff, n'importe quoi...

 

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