Du passé faisons table rase
Rha, lecteur, il faut absolument que j’arrête avec cette manie de vouloir changer le monde à tout prix !
J’veux dire, tu as remarqué à quel point ce blog n’est mis à jour qu’une fois par mois ? Et pourtant, le savais-tu que c’était TOUS LES JOURS que dans ma tête je tourne et je retourne de la syntaxe et de la conjugaison, du verbe et de l’expression, dans l’idée tenace et latente d’en faire une bien belle note de blog ?
Il y a plusieurs raisons à ça.
1) Ça m’amuse.
2) Ça me permet de tester sur moi-même si une idée en vaut vraiment la peine. Car oui, je suis mon premier public, si après trois rédactions la même note me donne envie de bailler je n’essaie pas de la tapoter sur mon clavier. (Au passage, tu vas encore dire que je saute du coq à l’âne, mais depuis que j’ai acheté ce bien beau machin-truc en plastoc chez Ikea (cf. image ci-dessous) je me tiens bien droite, je tape sans effort, mon fichu clavier plat d’ordi portable à la manque est enfin remonté sur mon bureau et dans mon estime).
(clic dessus, clic !)
3) Ah flûte, attends, je suis persuadée qu’il y avait un 3), j’ai carrément oublié, là.
Tout ça pour te dire que bien souvent je pense à toi, lecteur, et je ne viens pas poster.
Parce que j’attends.
J’attends d’arriver à rédiger la Synthèse Ultime, pas fichue de revenir d’Oxford et de te montrer gentiment les 412 photos prises ce jour-là, mais préfèrent pompeusement détailler en petit-a-l’ivresse-du-passé-enfuit-qu’on-n’atteindra-jamais-au-musée suivi de petit-b-le-regard-flou-de-douceur-épuisée-du-renard-empaillé et enfin petit-c-pourquoi-quand-je-photographie-de-la-fleur-en-gros-plan-il-ne-s’agit-que-de-carte-postale-de-bas-étage-et-sûrement-pas-de-photographie.
Au lieu de te filer ça gentiment et de passer à autre chose, donc :

*émotion, émotion*



*cliché pourri, cliché pourri*
Ce besoin impérieux et ego-maniaque de publier La Note Qui Va Faire Le Point Une Bonne Fois Pour Toutes sur les renards/les musées/les fleurs en serre/le fish’n’chips supplément mayo/les culottes à franges de chez Marks&Spencer.
Tu m’auras compris, je me fatigue moi-même.
Alors ce matin, me souvenant soudain que ce blog moribond était censé détailler ma nouvelle vie à Londres, décrire les us et coutumes de cette bande de sauvages britons nouvellement rencontrés, j’ai tout changé la bannière, un peu aussi la présentation, et je m’en va essayer de poster plus souvent, plus court, plus pratique, plus rigolo.

Et sûrement plus de teckels, oui.
Sûrement.
A bicyclette
Le 24 février dernier j’ai envoyé cinq colis vers la France.
Deux sont arrivés dans les cinq jours ouvrables promis par Royal Mail.
Les trois autres qui contenaient tous les cadeaux de Noël pour mes parents (j’envoie mes cadeaux de Noël le 24 février si je veux)( ceci étant posé voilà qui donne un bien bon indice de mon niveau de stress, d’inefficacité et de paralysie qui me torturât tout l’hiver).
Ces trois autres colis donc...
Je les ai attendus chaque jour que j’ai passé dans ma famille, à glapir d’espoir à chaque passage du facteur et à sangloter de découragement quand il n’apportait que des factures (et des lettres des 3 Suisses qui, bien que je ne leur commande plus rien depuis bien longtemps, continuent à être mes amis pour la vie on dirait).
Je suis rentrée en Angleterre le cœur très lourd en pensant à tous mes jolis paquets perdus pour toujours. Je maudissais bien sûr aussi toutes ces saletés d’intérimaires payés à se servir salement dans les colis que les braves dalmas confectionnent avec amour de leurs petites papattes malhabiles.
Ce matin un courrier est arrivé chez mes parents, leur expliquant que ahah, c’est ballot, à cause d’une minime erreur d’adresse les colis étaient toujours en voie d’acheminement.
Mais qu’ils arrivaient, hein.
Ahah.
Ma mère m’a téléphoné tout de suite après pour me prévenir, et j’en ai suffoqué de joie toute la journée.
Alors à tous les facteurs de qui j’ai salement traité la mère depuis tout ce temps en les accusant de tous les maux de la terre et en appelant de mes vœux une privatisation rapide et sauvage pour leur apprendre (alors que soyons réalistes, c’est justement après que ça devient pire) je n’aurais qu’un mot à dire :
PARDON.
(Mais tout de même, m’accuser de ne pas savoir écrire lisiblement l’adresse à laquelle j’ai vécu pendant plus de vingt ans… Il faudra trouver mieux la prochaine fois, les gars).
Thème astral du jarret
"Capricorne : Il faudra vous caresser dans le sens du poil car vous vous hérisserez facilement".
Chers Les Astres,
à partir du moment où c'est encore l'hiver et que je porte toujours des collants opaques j'estime avoir quand même un peu le droit de ne pas être à jour dans le dossier épilation. Vous n'avez pas à me juger, faut dire.
Cordialement,
Aurélia Dalma
PS : et arrêtez de stigmatiser mes origines espagnoles sinon aux prochaines élections je ne vote plus pour vous.
De l'autre côté du miroir
Ainsi donc, le texte qui va suivre est rédigé de mes propres petits doigts sans l’aide aucune d’une drogue quelconque.
Lecteur taquin, mon semblable mon frère, tout s’est réellement passé comme je te le dis.
J’avais fini cette première année d’école d’art dans une apothéose de rage et de ressentiment.
Pour plus de précisions, voir ici.
Je travaillais d’arrache-pied en boulangerie, car quand on débarque dans un nouveau boulot les premiers mois comptent triple, à tenter de se rappeler désespérément la liste des noms de collègues et la liste des noms de gâteaux, parce que si tu mélanges l’une avec l’autre tu n’as pas l’air bien frais, crois-moi.
Se lever avant 5h pour être en poste à 6h ça te garantit sur facture un autre évènement précis : vers 16h toute énergie vitale t’abandonne et tu ne peux même pas empêcher tes muscles de te lâcher tous en même temps. Il m’est arrivé de REELLEMENT de sentir ma tête tomber à même le clavier de mon ordi.
Ça fait mal à front, ça fait encore plus mal à la dignité.
Crevée, donc, épuisée, laminée, vidée.
Le dessin, je n’y pensais plus. Je n’y pensais tellement plus, d’ailleurs, qu’aux prises avec l’urgence quotidienne des tâches à accomplir mes idioties de dalma et de moutons comment dire…
Je n’y croyais plus.
Du tout.
Et si j’étais triste en me disant « eh bien voilà, cette partie de ma vie est finie, n’est pas Snoopy qui veut et si Schulz a magnifiquement crée un strip par jours pendant 50 ans et jusqu’à la veille de sa mort (non mais je veux dire vraiment, hein. Il a fini son dernier strip, il est allé se coucher, il ne s’est jamais réveillé) ben pour moi c’est rideau, voilà, fini le dalma dodu du cul, ciao ciao les moutons rigolos ».
Et puis trois mois plus tard, un jour vers 14h, je lavais la vitrine à gâteau.
Une vitrine à gâteaux de ce type :

(Il s’agit de la pâtisserie Lebrun à Vannes, je suis allée voler cette photo sur internet mais je tiens à citer ma source).
Tu vois donc combien j’étais pliée en douze pour aller passer l’éponge au bout de là où se trouve les petites étiquettes ? Tu réalises combien j'avais mal au dos ? Bon, eh bien c’est à ce moment précis qu’Aithbhreac est entrée dans la boulangerie.
Elle a poussé la porte, elle est venue se planter devant moi de l’autre côté de la vitre et elle a dit « Bon sang Dalma, je croyais que Muireadhach me faisait une blague, mais en fait tu bosses vraiment ! Sérieux, jamais je n’aurais cru que tu pouvais réellement te bouger le derrière, je suis bluffée, grosse, tu sais ».
Elle a piqué un croissant dans le grand panier posé près de la caisse et elle est partie en rigolant.
Et là j’ai compris que quand ce sont tes personnages eux-mêmes qui reviennent te chercher, ça veut sans doute dire que tu as encore deux-trois trucs à leur faire dire, finalement, tiens.
(Après bon, d’un point de vue pure crédibilité intellectuelle, tu vas me faire le plaisir de ne PAS aller trop répéter cette histoire autour de toi, hein, merci lecteur, t’es super sympa, bisous).
J'aime #6
J'aime manger du fromage bleu et pester comme un rat mou de ne pas pouvoir en trouver à Londres.
(Ce p'tit côté beauf que j'ai, parfois...).

(Best fromage ever !!!)
J'aime jouer avec mon tout nouveau compte Pinterest. C'est là : http://pinterest.com/aureliadalma/
Comme dans la vraie vie je passe mon temps à coller des images partout où je passe (à Londres je n'ai peut-être que 8 m2 de moquette habitable.... MAIS J'AI PLEIN DE MURS A DECORER AHAHAHAHAHA !) je suis bien contente d'avoir ces "murs" virtuels pour accumuler les clichés de bébés teckels.
Le principe très simple de ce site c'est de suivre des gens auxquels on s'abonne, de voir en temps réels les photos qu'ils ont choisis s'afficher sur ton propre mur, et de choisir celles qui te plaisent pour les classer frénétiquement dans un des petits sous dossiers que tu te seras crées.
Au hasard de tes propres pérégrinations tu pourras toi aussi ajouter les photos de ton choix sur ce site, et tu verras avec surprise et glapissements d'autres gens parfaitement inconnus les attraper au vol et les partager toujours plus loin.
La question du copyright ? Bien sûr, d'un simple clic sur une photo qui t'interpellle, tu te retrouves dirigé vers le site d'où l'image est issue, ce qui fait que devant des photos de gateaux improbables tu ne te contentes plus de te lécher les babines, tu peux aussi accéder aux recettes.
J'aime retrouver de vieux dessins (datant d'il y a au moins trois ans ma bonne dame) et me souvenir parfaitement de l'histoire que je voulais raconter avec.




J'aime qu'Aurélia Dalma existe, un jour il faudra que je te raconte comment j'ai cru l'avoir perdue. (Puis quand je l'ai retrouvée, j'ai compris qu'elle ne pourrait plus jamais réellement repartir).
Comment passer pour une idiote congénitale en 1 minute chrono, la méthode infaillible et garantie (satisfait ou remboursé)
Je suis en France.
Mes cheveux n’ont pas été coupés depuis juillet dernier.
Au niveau des fourches ça ne fait pas bien beau à voir.
De plus, une révolution majeure s’est glissée dans ma vie capillaire. Sans doute bouleversée par la vision fugace d’un bébé poney Shetland de plus, j’ai décidé que je voulais une frange.
Pour mémoire, la dernière fois que j’ai eu une frange j’avais dix ans, je l’ai gardée une journée, et puis dès le lendemain c’était tellement atroce que je n’ai plus cessé de la rejeter en arrière, de l’attacher avec des barrettes, de la cacher sous des bandeaux.
Ça a mis deux ans à repousser.
Mais là je ne sais pas, une envie soudaine et irrépressible de ressembler à un gros bobtail laineux, va comprendre…
« Je veux une frange », j’ai dit à ma mère. « Ma nouvelle coiffeuse est trop bien », elle a répondu.
Habituellement c’est ma mère qui me coupe les cheveux, je ne suis allée chez le coiffeur que trois fois dans toute ma vie entière. Ma mère coupe très bien les cheveux et mais là je ne sais pas, à l’idée de transformer son unique fille en quelque chose comme ça :
(clique sur la photo pour aller lire la fiche Wikipedia de cette créature fascinante, tu vas te régaler).
Elle a préféré m’envoyer chez un professionnel du massacre cher payé de la coiffure.
Voulant un rendez-vous, je pris mon téléphone.
« Dalma Beauté bonjour ? » a dit la coiffeuse. (Non, ce n’est pas le vrai nom de ce salon, laisse-moi préserver un peu ma vie privée)(mais saches que cette échoppe a le très très bon coup de n’avoir pas fait un jeu de mot ridicule dans son intitulé à coup de Créa’tifs ou encore Atmosp’hair).
« Je voudrais un rendez-vous pour aujourd’hui ou pour demain » j’explique.
« D’habitude qui est-ce qui s’occupe de vous ? » me demande la dame.
Et là comment te dire… Au lieu de répondre intelligemment « c’est la première fois que je viens chez vous, c’est ma môman qui m’envoie » je me mets à lui expliquer que ahah non mais là ça fait très longtemps, vous savez, mes cheveux non pas été coupés depuis juillet en plus ils sont vraiment habimés, ahah, non je n’ai pas vraiment de coiffeur attitré ici à Dalmacity, non, puisqu’en plus je vis à Londres, ouh ben je ne me souviens même plus c’est quand la dernière fois que c’est vraiment un coiffeur qui m’a coupé les cheveux parce que c’est même plutôt ma mère qui…
Et là il y a eu comme un flash dans ma tête.
En fait cette gentille dame ne souhaitait pas que je lui raconte ma vie par le menu depuis l’apparition de ma première fourche à l’âge de trois mois. Cette gentille dame voulait simplement m’inscrire sur le planning de la coiffeuse qui aurait eu l’habitude de s’occuper de mes pointes sèches histoire qu’on reprenne ensemble la dernière coupe qui m’avait été faite.
J’ai rendez-vous à 15h30.
Je vais y aller sous un faux nom et avec un masque de Mickey.
Ascendant farniente
"Capricorne : Votre travail vous plaira plus que les autres jours et vous n'aurez aucune difficulté à être en phase avec vos clients ou collègues".
AHAHAHA MAIS CEST PARCE QUE JE SUIS EN VACANCES EN FAIT LES ASTRES !!!
J'avais besoin de glapir ma joie à la face de la lune.
Je reviens demain avec une vraie note de blog.
J'aime #5
Pardon lecteur, je sais que tu retiens ton souffle toute la journée de lundi dans l'attente de ma note hebdomadaire et bon, puisque là il est 23h08 tu dois être vachement rouge et prêt à exploser, je pense.
Mais je t'explique : je suis sur le départ pour des vacances où je vais rendre visite à mon ours en peluche.
J'ai effectué un rangement en profondeur dans toute ma chambre, à l'heure actuelle il n'y a pas un poil de moquette qui dépasse. J'ai dépoussiéré, trié, jeté sans pitié.
J'ai passé l'aspirateur et me suis détruit un coude tellement je frottais de toute la force de mes muscles inexistants pour tenter d'extraire tous mes cheveux personnels qui étaient allés se planquer dans ladite moquette.
De plus au boulot on ne s'ennuie pas : Pâques arrive alors on suspend des lapins partout. Une coutume locale, j'imagine.
Aujourd'hui j'ai par contre reçu une très bonne nouvelle. Comme tu le sais peut-être (me souviens plus si on en avait parlé, dude) mon salaire frôle l'indigence caractérisée.
J'étais sûre que le taux horaire annoncé était du net puisque c'était vraiment très bas, mais en fait non mon chaton, je paie des impots et une cotisation sécu délirante par dessus.
Ce mois-ci, pourtant, le gouvernement anglais n'a que très peu prélevé.
Ce sera donc le "J'aime" de la semaine.
En mars j'aime ne pas avoir à choisir entre des pâtes OU du riz.
En mars je peux acheter les deux.
Peut-être même en avril acheterai-je de l'huile.
Et pour terminer, une photo de femme nue.

(Heyyyy, argent, sexe, cette note de blog est carrément osée je trouve !!!).
L'âge de mes artères
Ma mère se méfie pas mal du paracétamol.
Et elle a sans doute raison parce que cette adorable molécule est responsable de quelque chose comme jusqu’à plusieurs décès par an (je suis dans tous mes états, je n’arrive pas à retrouver l’article source donc je n’ose pas citer de mémoire le chiffre que je crois avoir lu parce que pour nous les historiens, ne pas citer ses sources c’est passible d’un super coup de pied aux fesses)(j’ai peur)(ma droiture universitaire résiduelle me perdra).
Enfin bon, comme c’est quelque chose qu’on peut prendre sans ordonnance, que les gens ne sont pas assez informés et que parfois ils sont aussi un peu foufous dans leur tête il en résulte que la première cause de mortalité par automédication excessive c’est à cause du paracétamol.
Je ne dis pas ça pour te faire peur mais quand même. Renseigne-toi.
Quand ma mère a des maux de tête carabinés et que je lui dis « rho non mais oh, quoi pfffff, prends un Efferalgan, quoi, pffffff » elle me répond souvent « non, après je vais avoir mal au foie », ce à quoi j’ajoute « ahah, n’importe quoi, ah, d’abord moi j’ai JAMAIS mal au foie, en fait je ne suis même pas sûre d’avoir un foie, en fait je ne sais même pas où il est mon foie, ahaha ». (Comme j’ai fait histoire et pas médecine ce dialogue est tout à fait sérieux je trouve). Généralement ma mère conclue « eh bien c’est parfait, crois-moi, tant que tu ne sais pas où se trouve ton propre foie c’est vraiment très bon signe ».
Maman, mercredi soir, j’ai enfin appris où était mon foie.
Comme je quitte bientôt Londres la pluvieuse pour aller voir 15 jours dans le sud de la France si j’y suis il faut que je vide mon frigo et mes placards de tout ce qui s’y trouve de périssable.
Je fais des recettes qui utilisent d’un coup des tas de produits frais, ça aide.
Et alors même que je découvrais le secret d’un brownie réussi (6 œufs, 250gr de beurre)(c’est bon le beurre)(et tant qu’on utilise de bons produits ça ne peut pas faire de mal)(puis il fallait finir la plaquette) et que le soir même je me réjouissais de la dégustation de mon joli gâteau encore tout chaud (et si gras) je sentis mon foie.
Mieux, je l’entendis.
Plaintive, gémissante, la petite voix venait indiscutablement de mon bide, un peu sur le côté à droite, là.
« Un greffe, disait-il. Il me faut une greffe ».
J'aime #4 (sauf qu'aujourd'hui j'aime pas)
Les clients avec votre impolitesse, les managers avec vos heures supp déguisées, les colocs avec votre grossièreté, les gens du metro avec votre agressivité, vous m'énervez TOUS.
Heureusement que dans dix jours je rentre voir mon nounours.



