samedi 23 décembre

Offrir

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Metropolitan Museum - NYC - 2017

Offrir c'est cool, c'est sympa, c'est généreux, puis c'est bien la saison en ce moment. 

Mais est-ce que S'OFFRIR un truc, ce n'est pas encore mieux?? *smiley frétillant qui sautille sur place*
Aujourd'hui, et le plus sérieusement du monde, je souhaitais partager une idée que j'avais croisé un jour au détours d'un magazine ou d'un blog... 
A Noël, fais-toi un cadeau. 
A toi-même. 
Si si.
La personne qui avait écrit l'article/le post de blog, expliquait que quitte à recevoir un kit à macarons (quand tu ne cuisines jamais), un pull trop petit (merci, on le saura que tu as grossi) et un boule à neige avec la photo de ton neveu (eewwwww), autant calmement prendre les devants et te poser un petit moment pour te demander ce dont tu as envie.
Je ne vois pas les choses comme ça. Je pense que même si tu es assuré de recevoir des présents bien chouettes, ce petit cadeau qui tu t'auto-offres est vraiment dans une catégorie à part.
Bien sûr chacun fixe sa fourchette de prix. Et si lorsque tu fermes les yeux tu ne vois qu'un diamant douze mille carats j'espère que tu es bien pote avec ton banquier.
Mais laisse-moi te raconter.
Hier après-midi, alors que j'étais en train de perdre tout sentiment d'appartenance à l'espèce humaine (je veux dire, se retrouver coincée parmi des gens furieux en plein shopping de Noël, ça démoraliserait même Mary Poppins, non?) j'ai revu cette idée comme un flash devant mes yeux.
Je me suis posée. je me suis demandé ce qui me ferait plaisir. Et je suis repartie dans la foule pour le trouver. J'ai fini par m'acheter quelque chose d'autre, j'ai dépensé moins de 10 euros, mais ce petit truc que j'aurais pu tout à fait acheter en d'autres circonstances est devenu comme un phare dans la nuit.
J'ai du mal à cerner pourquoi, mais ce n'est pas la même chose que de désigner l'objet convoité et de proposer à un membre de ta famille de te l'offrir, ce n'est pas la même chose non plus que de faire cet achat tranquilou au mois de mars. Là, il y a vraiment l'idée de "je souhaite ce truc, je me l'auto-offre en mode Noël perso". C'est comme un petit contrat de confiance que tu signes avec toi-même. Une toute petite récompense qui te conforte et te motive à en faire encore plus.
Toute l'année on s'achète des choses sans en faire tout un plat. On se choisit un bon bouquin dont on a entendu parler, on dépense un peu trop dans un pull fantaisie dont on n'a pas tellement besoin, on ajoute une babiole au chariot des courses, on s'auto-récompense pour avoir obtenu une petite prime au boulot...
Mais bizarrement ces cadeaux ne laissent pas trop de marques je trouve.
Cela fait maintenant quelques années que je pratique l'auto cadeau de Noël ou d'anniversaire (comme je suis du mois de janvier j'en choisis un seul, les dates sont un peu proches, ça serait abusé), et c'est ma petite bouée de sauvetage pour traverser l'hiver. Ces objets ont un souvenir plus fort attachés à eux.
J'ai hautement confiance en ma famille pour m'offrir des trucs trop cools. Que ce soit parce que j'ai clamé très très fort qu'il me fallait quelque chose, ou parce qu'ils ont préféré me faire une surprise. J'aime de plus en plus recevoir des cadeaux "utiles", parce que quand je reçois des cadeaux à utiliser au quotidien ça me fait encore plus penser à la personne qui me l'a offerte. Et j'ai comme ça de chouettes cadeaux qui m'accompagnent tous les jours.
Mais aujourd'hui ou dans les jours qui viennent (voire aux alentours de ton anniversaire, si tu préfères) c'est vraiment quelque chose à tenter.
Demande-toi juste ce que tu souhaites et voilà. 
Fais-toi ce cadeau. 
Tu le mérites.

Duke Ellington - Take the a train

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vendredi 22 décembre

Souhaiter

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Coney Island - 2017

Aujourd'hui, le conseil bien-être est tout simple: envoie des cartes de bonne année.

Rudy pull de Noel couleur

Je t'arrête tout de suite: je ne dis pas ça parce que j'en vends moi-même! (De toute façon le stock de cartes qui me reste est à Londres, c'est d'un nul).
Tout en remerciant si fort les gens qui m'en achètent régulièrement (la Dalmacorp vous aime) il y en a pas mal dans les papeteries et les supermarchés aussi. 
Les Anglais sont des gros fous de cartes. Il y a réellement une carte pour chaque occasion chez eux, et beaucoup comportent un teckel. (Franchement, ça n'a rien à voir avec le sujet qui nous occupe, mais comme c'est vrai je n'allais pas me priver). 
Généralement, les prix sont moins élevés aussi. Il y a énormément de gros paquets de 30 à 50 cartes, tellement tout le monde distribue ça en y pensant à peine. La première fois que j'ai vu un énorme carton à l'entrée d'un supermarché pour que les gens y jettent leurs cartes de Noël afin qu'elles soient recyclées j'étais horrifiée.
Je possède perso une très jolie boîte de rangement dans laquelle je garde religieusement toutes les cartes reçues depuis des années. 
Mais en Angleterre, c'est tellement banal de donner et recevoir des cartes, c'est souvent entre collègues, entre voisins, entre parents très éloignés, que les gens n'y attachent pas la même importance. J'espère qu'ils gardent les cartes qui comptent, quand même, parce que sinon ça va me faire de la peine.
Enfin bon, en France les cartes sont plus rares et précieuses, et c'est peut-être tant mieux.
Du coup, si tu achètes un joli paquet de dix cartes, que tu choisis dix personnes à qui ça fera plaisir de recevoir un petit mot de toi, que tu te verses un thé, que tu prends ton plus beau stylo Bic, et que tu passes quelques minutes par carte à penser fort à la personne à qui tu la destines, pour envoyer tes voeux et un peu plus que ça dans l'enveloppe (nan, je ne parle pas d'étrennes, je parle d'amur) je suis quasi certaine que tu vas te sentir tout(e) détendu(e) après.
Pour être encore plus détendu(e), essaie le vin blanc dans la tasse à thé, tu m'en diras des nouvelles.

 

Dooley Wilson - "As Time Goes By"

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jeudi 21 décembre

Ecrire

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Metropolitant museum - NYC - 2017

Il y a presque un an j'ai suivi un après-midi de formation très intéressant. En tant que prof dans ma première année j'étais en train de crever de stress et de couler à pic, et cette journée à bien changé ma vie. L'intervenant, la soixantaine, avait une longue expérience en éducation bien sûr, mais en psychologie aussi. Certes, ça aurait pu être un gourou de plus, mais tout ce qu'il nous a raconté a fait écho dans ma petite tête, j'ai appliqué plein de conseils qu'il nous a donnés, et j'ai vu tellement d'améliorations dans mon enseignement et dans ma vie.
Il y avait un conseil qu'il nous avait pourtant longuement détaillé mais que j'ai procrastiné à appliquer.
J'ai fini par m'y mettre récemment, et je me dis que j'aurais bien fait de m'y coller avant.
Il nous avait conseillé de tenir un Journal of Success.
Un journal de hippie plein de positif et de joie, un truc dans lequel on écrirait ce qui irait bien, ce qui serait chouette, ce qui nous aurait rendu heureux pendant la journée, et c'est tout.
En fait c'est une pratique qui est utilisée et étudiée depuis des années en psychologie, et avec l'envol du marché du wellbeing pas mal de magazines commencent à en parler. L'idée ce n'est pas de tenir un journal intime, ce qui peut être long et verbeux, mais plutôt d'écrire vite-fait une petite liste de choses chouettes avant d'aller se coucher.
5 fois par semaine ça suffit, inutile de se mettre la pression pour en faire un exercice quotidien.
L'idée c'est de faire ça pendant 6 semaines puis de faire une pause, et de s'y remettre ensuite.
Il y a des chiffres, des vrais, qui montrent des études en parallèle entre des groupes qui ont cette pratique ou pas, bien sûr je n'ai rien noté et je suis bien embêtée, mais l'idée c'est que ça améliore le sommeil, ça fait baisser le stress, ça donne plus de force pour affronter les petits problèmes quotidien, ça donne de l'énergie pour prendre des initiatives, ça conforte et ça donne envie d'en faire plus.
L'intervenant nous avait conseillé d'ouvrir un nouveau carnet (mais si, tu sais, un de ces nombreux carnets trop beaux que tu empiles sur ton bureau sans jamais oser les utiliser) et d'écrire ces quatre tirets sur la première page:
- 3 choses positives qui me sont arrivées aujourd'hui (allant de "j'ai mangé un croissant au petit-déjeuner" à "mon cancérologue dit que je suis en rémission", rien n'est trop anodin ou trop grandiose, il n'y a pas de limites, l'idée c'est de se souvenir et de coucher sur papier ces trois fois dans la journée où notre cœur a battu un peu plus vite de joie)
- 3 qualités que j'ai démontrées (patience, gentillesse, générosité, compassion, écoute, optimisme, CalmeIntersidéralWhoPutainJ'aiTuéPersonne -le jour où la belle famille sonne à la porte sans prévenir-) 
- 3 choses pour lesquelles je ressens de la gratitude (de "pour une fois mon train était à l'heure" en passant par "tiens, toujours pas de guerre nucléaire en vue", il y a tellement de choses positives qui nous entourent et qu'on tient pour acquises)
- 3 choses positives qui sont arrivées à quelqu'un d'autre que moi (et là c'est pas mal, parce que se décoller le nez du guidon et se demander comment les autres ont vécu la même journée que nous c'est peut-être le point le plus intéressant je trouve)
Cela ne prend que quelques minutes, même pas 5, le soir avant de s'endormir.
Histoire d'en mesurer les effets il faut bien sûr faire ça sur quelques semaines/mois.
Envie d'essayer? J'ai commencé il y a quelques semaines, je compte faire un petit bilan au printemps prochain. C'est un petit cadeau à toi-même, qui ne coûte rien et peut rapporter beaucoup.
PS mega important à lire: parfois on est en proie a des idées noires et nos comportements s'en ressentent. La dépression est une pathologie à part, et je ne pense pas qu'on s'en sorte sans aide. Ce n'est pas "en se mettant au sport" ou "en allant faire un tour" qu'on reprend le dessus, c'est avec l'aide de personnes qualifiées et dans un cadre thérapeutique. Ici, avec ce Journal, on prend du temps pour soi pour regarder en face les choses positives qui nous arrivent et visualiser comment on les ressent, on fait la part des choses et on souffle un peu. C'est totalement différent, j'insiste énormément là-dessus, on ne soigne pas la dépression avec de la pensée magique, ici on parle bien d'un coup de pouce sympa pour aider à faire face au stress du moment.

At the Jazz Band Ball - Bix Beiderbecke and His Gang, 1927

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mercredi 20 décembre

Créer

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Metropolitan Museum - NYC - 2017

Il n'y a pas grand chose qui me met plus hors de moi que lorsque les gens disent "je ne suis pas créatif". Je ne suis pas énervée contre la personne en question, non. Je suis énervée contre la société en général qui juge et met les gens dans des catégories pour toujours.

En tant que prof je suis bien placée pour voir que ça commence dès l'école, que j'ai des élèves de 11 ans qui savent déjà si elles sont nulles en maths, bonnes en sport ou douées en cuisine.
C'est très très très agaçant.
Surtout quand c'est un parent qui me sort une des phrases sus-citées, et que tout ce que je voudrais c’est lui jeter un chameau mort à la tête. (Je dis ça parce que je pense que le chameau mort n'est pas dans le code pénal, sur un malentendu ça pourrait me faire acquitter).
Il y a tellement de façons d'être créatif.
Créer ce n'est pas nécessairement fabriquer un objet. On créé avec son corps, avec sa voix, on chante, on danse, on parle, on raconte, on charme, on enchante.
Créer ce n'est pas nécessairement repeindre la chapelle Sixtine (puis bon, ça a déjà été fait, alors quel intérêt).
Créer c'est parfois repeindre sa salle de bain, c'est choisir la bonne teinte de carreau, c'est finir un ourlet de rideau, c'est choisir la bonne écharpe, c'est emballer un cadeau, c'est dresser une table, c'est arranger un bouquet.
C'est petit mais ça laisse une trace, c'est faire un geste que quelqu'un d'autre n'aurait pas fait, aurait mieux fait, aurait moins bien fait, aurait fait différemment, tout simplement, et c'est de cette différence que naît le propre de la création.
Les Anglais disent "practice makes perfect", nous on dit "c'est en forgeant qu'on devient forgeron". L'idée c'est que personne n'est venu au monde en sachant chanter l'opéra, et que même si tu es atteint de cette dure malédiction qui consiste à chanter faux comme une casserole tout en t'entendant chanter hyper juste, quand bien même tes voisins et ta famille essaieraient régulièrement de t'étouffer avec un oreiller quand tu souhaites pousser la chansonnette, ben tu peux quand même continuer à chanter tranquille sous ta douche, et n'oublies pas que tu peux toujours te mettre au ukulélé.
Car la création c'est un truc vaste.
On peut avoir été bon dans un domaine étant petit, puis en découvrir un autre sur le tard. On peut redécouvrir quelque chose qui nous avait pourtant déplu. Certaines activités reviennent à la mode (le tricot c'est classe et c'est hipster) d'autres attendent leur heure de gloire j'en suis sûre (comme la broderie au point de croix, que je kiffe mais en me cachant, parce que c'est vraiment trop pas fashion).
Si on se sent mal à l'aise, autant commencer avec un guide. Autant commencer avec un peu de coloriage, avant de faire du dessin plus libre. Autant regarder des tutos Youtube bien au chaud dans son salon, autant s’entraîner pendant quelques mois avant d'oser pousser la porte d'un cours dessin. Il y a énormément de livres et de ressources internet pour les loisirs créatifs.
Et si tu souhaites te mettre à l'origami à 85 ans c'est ton droit le plus strict.
Parce que dans le genre trucs qui m'énervent VELU, le fait que faire joujou avec des couleurs serait réservé aux enfants se pose un peu là.
Maintenant, hypothèse: tous les lundis tu prends un crayon, un post-it, et tu fais un petit dessin. On est d'accord que les premières fois risquent d'être un peu bancales, non?
Tu as commencé le 1er janvier et on est maintenant en mars. Tu ne penses pas que tu commences à maîtriser? En mai, on est d'accord que tu vas virer le post-it et crayonner en plus grand? En septembre tu feras évidemment des illustrations couleur. En décembre tu concurrenceras complètement ma collection de cartes de Noël.
Bon, ok, cet exemple était mal choisi ET JE T'INTERDIS DE FAIRE CELA.
Tu vas me poser ce crayon bien doucement et tu vas faire ce que je te dis.
Tous les mercredis tu vas revenir sur ce blog (il y aura des mini-croissants)(peut-être) car il y aura surtout une activité créative par semaine.
Toi et moi on va sculpter un nouveau parthenon, remettre des couleurs à Mona Lisa, et écrire la quatorzième symphonie de Beethoven.
Et pour être sûr de ne rien rater, je rappelle juste que j'ai une newsletter (si tu lis mon blog en "version mobile" c'est  dans le menu déroulant en haut à gauche, si tu le lis en "version classique" entre ton adresse mail en haut de la colonne de droite et clique sur "m'abonner")(si tu es complètement perdu(e) demande et je vais t'aider) à laquelle tu peux t'inscrire pour recevoir le lien vers ma note du jour dans ta boite mail. 
Alors, deal?

Benny Goodman Quartet - Whispering

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mardi 19 décembre

Voyager

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 Coney Island - 2017

Je pense que presque tout le monde aime voyager. Il y a beaucoup de voyages différents, tant au niveau des destinations possibles que de l'organisation, mais je trouve que c'est avec qui on part qui peut tout changer.

Je ne suis allée en Espagne qu'une seule fois dans ma vie, mais j'étais entourée de gens tellement désagréables que j'en suis repartie avec un dédain furieux pour la destination. Et franchement c'est dommage, parce que l'Espagne c'est quand même un pays de ouf, une culture tellement riche et différente, j'ai hâte d'y retourner un jour dans de meilleures conditions.
Voyager seul(e), c'est différent. Et c'est de ça dont je souhaitais parler aujourd'hui.
Ce n'est pas comme être seul(e) au quotidien. Perso je vis seule, je suis vaguement asociale aussi, j'ai des amis proches que je vois finalement assez rarement, j'ai surtout beaucoup de collègues et énormément d'élèves qui me pompent l'air me prennent pas mal d'énergie, et ma façon de me ressourcer c'est de rentrer vite-fait à la maison, de fermer la porte derrière moi et de souffler enfin.
Le silence, la solitude, l'obscurité des petites bougies. 
Le bonheur, quoi. 
Le seul truc qui me rend triste c'est de ne pas pouvoir avoir d'animaux de compagnie chez moi: je ne peux donc pas parfaire ma transformation en mémé à chats VU QUE JE N'AI MÊME PAS DE CHATS. 
*scandale*
Mais revenons-en au thème du jour: voyager en solitaire.
En septembre dernier je me suis organisé un petit weekend en dehors de Londres, j'étais très contente. Je suis partie samedi matin, j'ai fait un peu plus d'une heure de train et me suis retrouvée à Oxford vers 11h. J'avais réservée une nuit dans un AirBnB (j'avais trop mal choisi d'ailleurs, un jour je publierai une petite note pour être sûre que personne ne fasse les mêmes erreurs que moi) et je savais que je reprenais le train le dimanche vers 18h.
Entre les deux, j'ai parcouru le centre d'Oxford dans tous les sens, j'ai visité les jardins botaniques, le musée d'histoire naturelle, une boutique de bonbons, deux restaurants et à peu près tous les collèges que j'ai pu. (En fait Harry Potter c'est juste un documentaire sur la vraie vie des étudiants d'Oxford et de Cambridge, qui sont réellement recouverts de capes, mangent réellement assis à de longues tables avec leurs profs qui les regardent depuis une estrade, et dorment réellement dans des petites chambres situés en haut d'escalier en pierre)(on ne m'ôtera pas de l'idée que tout cela est bien CHELOU).
Voyager seul(e) ça permet de penser. De penser trop, aussi, parfois, et de faire le point sur ce qui va comme sur ce qui ne va pas.
Encore une fois ce ne doit pas être une question de budget. Tant mieux si tu peux te payer une semaine dans un hôtel spa de luxe en Italie! (Et si tu peux me prendre avec toi c'est encore mieux, t'sais).
Mais s'il y a bien quelque chose que j'adore c'est partir de chez moi le matin bien tôt, me choisir une destination pour la journée, avoir mon sac à dos rempli des essentiels du baroudeur (mouchoirs, pique-nique, carnet et stylo, lunettes de soleil et parapluie) histoire de bien me sentir comme Indiana Jones et vamonos.
Bien sûr quand j'étais à Oxford j'ai dépensé quelques sous, mais pas tant quand on considère que les trois quarts des activités étaient gratuites, et que je n'ai vraiment payé que pour le logement, la nourriture et les jardins botaniques (£5). (Je n'aime pas trop trop le shopping en fait)(bon, j'ai rapporté deux/trois cartes postales pour la famille et encore).
Surtout, après avoir été vendeuse puis étudiante pendant 5 ans à Londres, je suis un peu la spécialiste des activités gratuites mais trop cools quand même. Et il y a de fortes chances pour que ta ville édite un journal avec les activités du mois, et sinon internet regorge souvent de ce genre de bons plans.
Quand bien même tu serais l'héritier de la troisième fortune de France laisse-moi te dire que le gratuit c'est bien, le gratuit c'est important. Visiter les marchés, les parcs, les expos, les galeries, se balader dans différents quartiers, avoir le réflexe de lever la tête pour découvrir tous ces détails architecturaux qui nous échappent, profiter des attractions que nos villes mettent en place, c'est tellement plus agréable.
Maintenant que je suis prof je gagne bien mieux ma vie, mais je reste vaguement effrayée par ces gens qui ont l'air de trouver normal de bosser comme des dingues toute la semaine pour ensuite claquer du vendredi soir au dimanche. Sortir du boulot et rejoindre des amis pour un premier verre, aller au cinéma, s'engouffrer dans un restaurant, trouver un autre endroit pour un autre verre, tenter un club, peut-être un deuxième, et recommencer le lendemain, pour ensuite enchaîner avec un brunch et un café le dimanche. Je connais des gens comme ça, et je suis toujours vaguement incrédule quand ils me racontent leurs soirées en ayant l'air d'avoir trouvé ça BIEN. Je ne juge pas, hein, je dis juste que lorsqu'ils me proposent de venir j'ai piscine.
Voyager seul(e), voyager gratuit, partir pour la journée, oublier le téléphone, ou ne l'utiliser que pour les photos, redécouvrir sa ville, son coin de campagne, avoir un peu mal aux jambes après et dormir mieux le soir. Puis recommencer.

Sidney Bechet - Si tu vois ma mère

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lundi 18 décembre

Méditer

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Metropolitant Museum - NYC - 2017

Je ne savais pas vraiment ce qu'était la méditation, pour moi c'était être assis en silence et faire le vide dans sa tête en ne pensant à rien. Alors que pas du tout.

Il s'avère qu'en ce moment la pleine conscience (ou mindfulness) est mise à toutes les sauces, et c'est peut-être une bonne chose. Ce n'est pas exactement la même chose que la méditation mais on s'en rapproche.

Que la personne qui te prend le chou en ce moment soit ton chef colérique, ton gamin de deux ans qui vient de découvrir le mot "non", ta belle-famille qui se croit réellement indispensable, plutôt que de porter leurs crises de nerfs et leur agressivité sur tes épaules, il semble bien que s'il n'y a qu'une chose qui peut t'aider à t'extraire de tout ça et à retarder l'ulcère c'est ce nouveau non, en fait hyper vieux concept de méditation.

Pas besoin d'être un moine, pas besoin de s'habiller en orange, pas besoin de manger bio, pas besoin de voter à gauche: la pleine conscience c'est pour tout le monde dis-donc.

Bon, je ne suis toujours pas sûre de ce que c'est, zero niveau d'expertise ici, mais apparament la méditation c'est (aussi) un ensemble de techniques, à apprendre, à expérimenter, à pratiquer, à améliorer.

L'idée c'est vraiment que le cucul ça se muscle en allant faire du sport, et l'esprit ça se renforce aussi en s'entrainant régulièrement.

Malheureusement, je suis loin d'être régulière dans ma pratique, l'app dont je vais parler aujourd'hui propose des séances de dix minutes et même là on dirait soudain qu'on me demande la lune.

Cela dit, ce n'est pas parce que je suis une grosse nulle que vous devez l'être aussi, et si ma note de blog pouvait convaincre ne serait-ce qu'une personne de télécharger cette app et de découvrir une façon nouvelle d'être un peu plus serein alors ce serait fabuleux.

L'app s'appelle Headspace, elle est gratuite, pour Android et ios, elle n'est disponible qu'en anglais, par contre, et il faut vraiment bien le comprendre pour pouvoir se laisser guider (et bercer) par les paroles du type qui parle. Il me semble qu'avec un anglais hésitant qui demanderait beaucoup d'effort de compréhension ça gâcherait tout.

La seule façon de le savoir reste quand même de tester...

Les dix premières séances sont gratuites, et le restent ensuite, donc on peut tout aussi bien se concentrer sur ces dix séances pendant quelques temps avant de vouloir payer. Bon à savoir: on trouve pas mal de codes de réduction sur internet...

Si là tu te dis "non mais quel plan en bois son truc, tels 90% des Français je ne parle pas du tout l'anglais, pfiou la la qu'est-ce que j'en ai marre des bilingues", déjà je m'excuse, mais ensuite j'espère avoir éveillé ton intérêt, et n'hésite pas à te renseigner, parce qu'internet fleurit d'articles sur la méditation, avec plein de conseils et de séances guidées. 

Juste pour pouvoir, enfin, arrêter de porter toute la pression des autres sur tes épaules.

COLEMAN HAWKINS, BENNY CARTER & DJANGO REINHARDT - Out Of Nowhere

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dimanche 17 décembre

Illuminer

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Natural History Museum - NYC - 2017

"À la Sainte Luce, les jours croissent du saut d'une puce" dit le proverbe.

"Mouais bof", je réponds. La sainte Lucie c'est le 13 décembre, hein.
Et en vrai moi je vis dans le noir, sous l'épaisse couche nuageuse (et polluée) londonienne il fait nuit à 16h et je ne vois pas la différence avant le mois de février.
J'ai la chance d'avoir une fenêtre dans ma chambre (mine de rien, ça existe les chambre louée qui n'ont même pas de fenêtre). Le problème c'est que le soleil la frappe de plein fouet pendant genre 20 minutes le matin très tôt et après disparaît. Il fait froid et sombre chez moi, alors ça m'a beaucoup fait réfléchir à la lumière.
D'abord, dès que je me lève, j'ouvre en grand les deux rideaux (pas de volets en Britonnie, je rappelle, je dors avec un masque parce que même les rideaux en suédine laissent passer tout le jour).
Puis le soir et surtout en hiver, dès que cette lumière tiède de chien et loup ternit, je ferme tout, et lance l'opération bougie.
Si je ne suis pas en train de ranger ou travailler, si je n'ai pas besoin de mon plafonnier je l'éteinds. J'allume ma lampe de chevet, une guirlande LED et une mini-lampe de bureau. Avec, les jours où je me sens trop youhou, deux ou trois bougies chauffe-plats.
(Ok, j'avais dit qu'on n'achetait rien pendant ce calendrier, mais là je veux parler des petits bougies chauffe-plat à 3 euros les 100 chez Casa/Hema/Ikea).
Bon, d'accord, je me moque un peu, mais mine de rien j'ai l'impression de passer une soirée spéciale, de prendre du temps pour moi, limite d'être en plein trip feelgood.
On a besoin du soleil sur notre peau pour fabriquer de la vitamine D (c'est pour ça que le Briton est bête et vote pour le Brexit: c'est parce qu'il manque de vitamine)(alors que dans le Sud, quand on vote pour le Front National c'est sans pouvoir blâmer notre cerveau mou)(ah ben zut en fait).
Mais il y a aussi de vrais articles scientifiques qui expliquent l'influence de la lumière sur notre moral.
A noter: il s'agit ici de lumière naturelle, ce que je raconte est donc différent, mais je trouve que ça aide quand même.
La lumière écrasante d'un plafonnier c'est vraiment dur, à la longue. Déjà, enrouler l'ampoule dans une grosse boule japonaise en papier aide pas mal. Mais c'est surtout multiplier les points lumineux qui change vraiment les choses. On peut avoir une ambiance très lumineuse, claire, avec des spots tournés vers un mur blanc par exemple (ça diffuse la lumière alors que si le spot reste dirigé vers le centre de la pièce il perd en intensité). On peut avoir des petits lumières tamisées et plus intimes si on préfère.
A la fin d'une journée passée à courir partout comme un lapin peureux, dans le métro et sous les néons, moi ça me calme tellement. 

Benny Goodman ~ If I had you

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samedi 16 décembre

Réaligner

photo 9

Metropolitan Museum - NYC - 2017

Il parait qu'il n'y a rien de plus agaçant que les gens qui te conseillent de faire du yoga à chaque fois que tu ne leur as absolument pas demandé leur avis (c'est-à-dire tout le temps).
J'en ai bien conscience mais HÉLAS, je vais quand même te faire partager mon expérience et essayer de te refiler un DVD à la fin.
En mode reloue-chiante. 
Et encore je me retiens.
Il y a des années de ça, quand j'étais vendeuse à temps partiel, en permanence en train de chercher un nouveau boulot (crois-le ou pas mais en 22 mois j'ai été en contact avec 18 jobs, avec à chaque fois entretien au téléphone, entretien en personne, second entretien, et toujours une réponse négative à la fin)(je craquais complètement)(un jour j'ai découvert que les étrangers qui, comme moi, étaient trop qualifiés et plein d'expérience vivaient exactement la même galère, mais ça ce fut après plus de deux ans à me détester et à me croire complètement nulle)(ça a laissé des traces: j'ai BEAUCOUP de haine pour les gens qui disent "quand on veut on peut", tu n'as pas idée).
Au milieu de toute ça, donc, une copine avait découvert le yoga, et ce qu'elle m'en avait dit m'avait beaucoup intéressée.
A l'époque: pas de sous. Je gagnais très exactement £785 par mois (je crois que je vais m'en souvenir toute ma vie), j'avais des horaires irréguliers (le soir, les weekends, et tout changeait d'une semaine à l'autre)... Cette amie avait acheté un pass de dix leçons à £20 sur Groupon, soit £2 la leçon, hein, mais il aurait fallu acheter un tapis, un legging, payer un ticket de métro pour me rendre sur place, et à l'époque même ça c'était trop cher. J'ai fini par acheter le DVD "Le yoga facile pour les Nuls" pour £3 sur Amazon et j'ai suivi les leçons en pyjama sur la moquette de ma chambre.
Il y a eu ensuite le second DVD, "Après le yoga facile pour les nuls", et j'ai appris plein de postures, et j'ai adoré.
Au bout de quelques semaines j'ai vu des changements importants, dans ma posture, dans ma façon de sentir mon corps, dans ma distance aux choses aussi. J'ai été bluffée de la façon dont j'ai réagit à certaines situations stressantes. Ce n'était pas tout rose, hein, être vendeuse et servir des cons reste la pire période de ma vie, mais j'ai vu un changement incroyable. C'était vers 2012-2013.
J'ai continué à faire ces quelques postures apprises avec le DVD et puis un jour j'ai eu plus de sous et cela fait maintenant deux ans que je fais du yoga avec une prof (dans un groupe, pas des leçons individuelles quand même) deux à trois heures par semaine. Je commence à être bien avancée, je tiens sur les mains et je fais plein de postures cheloues. Parfois, je sors de mon cours et j'envoie un mail à ma mère, pour la prévenir que j'ai fait la position du scorpion par exemple. Ma mère va taper ça dans Google puis elle me répond. 
"MAIS POURQUOI??".
Honnêtement, je n'ai pas de réponse, mais le yoga c'est le meilleur truc qui me soit arrivé ces dernières années.
Tu peux acheter le DVD sur Amazon (je n'aime pas Amazon mais il n'est plus édité ailleurs on dirait)(par contre maintenant il est un peu plus cher, va comprendre) ou tu peux tout simplement suivre ces video Youtube gratuitement.

Le Yoga Facile Pour Les Nuls FRENCH 1er niveau

Yoga Facile pour les nuls volume 2 (Part 1)

Yoga Facile pour les nuls volume 2 (Part 2)

On s'habitue très bien à la voix de la doubleuse française, promis. Et tout est tellement bien expliqué.
PS: Je précise, namaste et tout et tout, que jusqu'ici le volet "spirituel" du yoga me passe complètement à côté. Je ne juge pas, hein, si tu veux t'aérer les chakras eh bien fais donc, mais ce que je trouve dans le yoga c'est un bon remède pour ma scoliose, le moyen de faire un exercice très intense sans bouger de mon petit tapis et un peu d'aide pour un meilleur sommeil. Voilà.

 

1942 • Harry James & Helen Forrest • I've heard that song before

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vendredi 15 décembre

Cuisiner

photo 8

Metropolitant Museum - NYC - 2017

J'ai toujours bien aimé cuisiner (sans être particulièrement douée pour ça, laisse-moi te dire que les macarons matcha à l'espuma de fève tonka ce n'est pas pour demain sur ce blog)(et de toute façon c'est sans doute très mauvais).

Mais cuisiner c'est aussi prendre soin de soi, et ça n'a rien à voir avec l'équipement de ouf en cuisine ou le prix des ingrédients, c'est plutôt le soin qu'on arrive à mettre dans le choix des quelques épices, le temps qu'on arrive à prendre pour déguster.
Ca vaut le coup de se poser pour analyser la façon dont on mange (je ne parle pas de régime ou de bonnes résolutions genre "je vais réduire le sucre", tu fais ce que tu veux) mais plutôt de se demander qu'est-ce qu'on aime, qu'est-ce qu'on se force à manger, qu'est-ce qu'on avait l'habitude de manger à une époque et nous manque maintenant, à quoi ressemblerait une semaine de repas idéale, etc.
Connais toi toi-même, tendance tartines et petits pois.
Moi j'ai réaslié que j'aime bien manger plusieurs jours de suite la même chose. Si c'est un plat sympa mais sans plus ça ne me dérange pas d'en remanger, si c'est un plat vraiment bon alors là ça m'aurait carrément embêtée de ne pas pouvoir en avoir plusieurs portions. Inutile de me faire remarquer que je suis bizarre, je vous rappelle que j'ai un blog où je parle avec des moutons imaginaires, alors je sais.
Ma grande spécialité ce sont les lasagnes végétariennes. J'en cuisine un énorme plat de 8 portions, et j'en emporte pendant une semaine et demie pour mes repas au travail. Ça sent bon, mes collègues sont jaloux, c'est beaucoup de joie dans mes tupperwares Ikea. Pour ça il faut un freezer, je te l'accorde, ou alors faire à manger de bien plus petites quantités à garder au frigo.
Ah, et si tu as une famille nombreuse, ton plat de 8 portions aura disparu en 6 minutes. Désolée.
Quand je mange chez moi j'ai une petite assiette rose, et des bols verts et gris assortis. J'aime manger dans des bols, pas juste de la soupe, je rappelle qu'on est en démocratie et qu'on mange dans ce qui nous fait plaisir.

Ikea assietteIkea bolIkea mug

J'arrive, parfois au prix d'efforts surhumains, à poser mon téléphone. Et à ne pas (trop) le regarder pendant que je mâche.
On est tous différents. Perso, j'aime bien avoir en stock beaucoup d'ingrédients (céréales, conserves, fruits en boite, épices). Bien sûr je fais des courses de frais plusieurs fois par semaine dans les mini supérettes qui jalonnent le chemin du retour du boulot, mais j'adore l'idée que j'ai plein de trucs à la maison, même si ça veut dire que mon unique placard de cuisine est plein à craquer et que j'ai même des trucs stockés dans ma chambre (je vis en coloc je rappelle, j'utilise l'espace comme je peux).
Ce dont je voulais parler aujourd'hui c'est que ça prend parfois très longtemps de se demander ce qu'on aime manger, DE S'INTERROGER SUR NOTRE IDENTITE GUSTATIVVE J'AI ENVIE DE DIRE (ouh la la, on m'a perdue), mais qu'il n'y a pas de bonnes ou de mauvaises réponses. Si tu préfères faire les courses au jour le jour, voire te faire livrer, si tu aime faire mijoter, si tu préfères les sandwichs, ça vaut le coup de prendre le temps, de temps en temps, de s'arrêter et de se demander ce qui nous fait plaisir.
J'ai eu l'idée d'écrire cette note parce que l'autre jour j'ai fait un risotto bien nul (si tu es italien, arrête de lire, tu vas te faire du mal pour rien).
Pendant que des carottes et des courgettes cuisaient dans mon panier cuit-vapeur, j'ai fait bouillir de l'eau, émietté un bouillon cube dedans, j'ai balancé du riz, j'ai remué quelques fois, et comme il n'y avait pas de couvercle et moins d'eau que d'habitude, l'eau s'est évaporée et je n'ai pas eu a égoutter.
Quand mon riz a été cuit j'ai ajouté les légumes vapeur, les courgettes ont quasi fondues ce qui a rendu le mélange crémeux, j'ai ajouté de l'huile d'olive, du sel et du poivre, et j'étais trop contente d'en manger un bol.
Les légumes et le bouillon étaient bio, le riz complet aussi. Comme je cuisine avec des ingrédients de base c'est assez facile de les trouver avec du goût dedans, après je n'achète pas trop de produits transformés bio parce que c'est quand même assez cher.
(Si tu es italien tu peux recommencer à lire, tu viens d'échapper à un terrible massacre culinaire et tu peux en être fier).
J'ai eu l'impression que j'avais fait quelques chose de plus sophistiqué que d'habitude (ce qui montre à quels points mes critères sont bas), j'en avais assez pour une autre assiette le soir même, je me suis sentie la reine du monde.
Et je me suis dis que si ça pouvait te faire rire t'aider à t'amuser en cuisine au lieu de prendre le moment repas pour une corvée de plus, alors ça aura été une bonne journée.
(Steuplé, viens partager tes super idées recette dans les commentaires, je veux entendre que je ne suis pas la seule à penser que les tartines de fromage bleu avec des feuilles de salade à côté c'est en fait un truc bon et sophistiqué).

"Five Foot Two, Eyes of Blue" (Art Landry, 1925)

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jeudi 14 décembre

Trier

photo 3

Natural History Museum - NYC - 2017

Je ne m'intéresse pas à la mode.

Pour être honnête, elle ne s'intéresse pas à moi non plus.

Par contre, j'aime bien les couleurs. J'aime bien (allez-y, jugez-moi en toute mesquinerie) le principe du patchwork. Je trouve ça fascinant de voir que deux tissus, mis côte-à-côte, en créent un troisième. Il se passe quelque chose, quand on associe les couleurs, les motifs, assortis ou complémentaires, qui relève de la vraie création. Et j'aime beaucoup ça.
Jean Sebastien Bach avait créé le concept de "je fais jouer deux mélodies, leur rencontre en créé une troisième".
Moi pareil, mais avec des tissus à fleurs vintages trouvés sur eBay, telle une Laura Ingals de la dentelle aux enchères. (Un jour j'ai créé un super dessus de lit, j'ai tout cousu et repassé et rembourré, le résultat est chouette et ça m'a rendue super fière parce que je ne m'en croyais pas capable)(on a les challenges qu'on peut).
Quand vous aurez fini de rire, sachez que récemment j'ai rangé, trié, dépoussiéré mon armoire.
Un tri drastique et fabuleux, où j'ai jeté ou donné énormément d'habits (un jour je te raconterai, mais j'ai perdu énormément de poids, quatre tailles de fringue quand même, et il n'y a que très peu de trucs que tu peux porter avec quatre tailles en moins: les chaussettes et les écharpes en fait).
Bon, je ne vais pas t'encourager à perdre tout ton lard, surtout que si tu fais déjà du 38 tu vas risquer ta vie quand même, mais passer plusieurs heures -réparties sur trois weekends, par exemple- devant ta penderie, à essayer des tenues, à écarter ce qui est vraiment trop vieux, trop moche, trop usé, qui gratte, qui coince, que tu n'as plus mis depuis 2002... Donner ce qui est encore portable, jeter le reste. Et respirer.
Ça m'a surpris, je ne m'attendais pas à être heureuse devant mon armoire tous les soirs, en associant un jean, un t-shirt, un gilet, une écharpe pour le lendemain. (C'est à peu près comment je m'habille 90% du temps, ça me permet d'avoir des couches à mettre ou enlever, pour survivre aux changements de classes et de bureaux, et comme j'assortis les couleurs ça me permet de prétendre que je ne suis pas toujours habillée pareil).
En fait, ce qui me réjouit dans cette nouvelle activité, c'est d'avoir renversé ce qui était une obligation (m'habiller pour ne pas sortir cul nu dans la rue) en quelque chose de marrant. Redécouvrir mon vieux pull de 1999 (ceci n'est pas une blague, je porte du vrai vintage acheté à la Camif quand on était encore en francs, je vous vois bien frétiller de jalousie derrière vos écrans vous savez), me dire que j'ai bien fait de garder cette étole à 5 euros du marché, qui est du même bleu que ce t-shirt Marks and Spencer acheté le mois dernier.
C'est nouille mais j'assume, c'est mon (absence de ) style et le confort primera toujours, mais j'ai l'impression de plus choisir ce que je porte, de ne pas m'habiller par défaut et par dépit, et ça a plus amélioré ma vie que ce à quoi je m'attendais.

Glenn Miller & his Orchestra - Moonlight Serenade (audio)

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