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 Coney Island - 2017

Je pense que presque tout le monde aime voyager. Il y a beaucoup de voyages différents, tant au niveau des destinations possibles que de l'organisation, mais je trouve que c'est avec qui on part qui peut tout changer.

Je ne suis allée en Espagne qu'une seule fois dans ma vie, mais j'étais entourée de gens tellement désagréables que j'en suis repartie avec un dédain furieux pour la destination. Et franchement c'est dommage, parce que l'Espagne c'est quand même un pays de ouf, une culture tellement riche et différente, j'ai hâte d'y retourner un jour dans de meilleures conditions.
Voyager seul(e), c'est différent. Et c'est de ça dont je souhaitais parler aujourd'hui.
Ce n'est pas comme être seul(e) au quotidien. Perso je vis seule, je suis vaguement asociale aussi, j'ai des amis proches que je vois finalement assez rarement, j'ai surtout beaucoup de collègues et énormément d'élèves qui me pompent l'air me prennent pas mal d'énergie, et ma façon de me ressourcer c'est de rentrer vite-fait à la maison, de fermer la porte derrière moi et de souffler enfin.
Le silence, la solitude, l'obscurité des petites bougies. 
Le bonheur, quoi. 
Le seul truc qui me rend triste c'est de ne pas pouvoir avoir d'animaux de compagnie chez moi: je ne peux donc pas parfaire ma transformation en mémé à chats VU QUE JE N'AI MÊME PAS DE CHATS. 
*scandale*
Mais revenons-en au thème du jour: voyager en solitaire.
En septembre dernier je me suis organisé un petit weekend en dehors de Londres, j'étais très contente. Je suis partie samedi matin, j'ai fait un peu plus d'une heure de train et me suis retrouvée à Oxford vers 11h. J'avais réservée une nuit dans un AirBnB (j'avais trop mal choisi d'ailleurs, un jour je publierai une petite note pour être sûre que personne ne fasse les mêmes erreurs que moi) et je savais que je reprenais le train le dimanche vers 18h.
Entre les deux, j'ai parcouru le centre d'Oxford dans tous les sens, j'ai visité les jardins botaniques, le musée d'histoire naturelle, une boutique de bonbons, deux restaurants et à peu près tous les collèges que j'ai pu. (En fait Harry Potter c'est juste un documentaire sur la vraie vie des étudiants d'Oxford et de Cambridge, qui sont réellement recouverts de capes, mangent réellement assis à de longues tables avec leurs profs qui les regardent depuis une estrade, et dorment réellement dans des petites chambres situés en haut d'escalier en pierre)(on ne m'ôtera pas de l'idée que tout cela est bien CHELOU).
Voyager seul(e) ça permet de penser. De penser trop, aussi, parfois, et de faire le point sur ce qui va comme sur ce qui ne va pas.
Encore une fois ce ne doit pas être une question de budget. Tant mieux si tu peux te payer une semaine dans un hôtel spa de luxe en Italie! (Et si tu peux me prendre avec toi c'est encore mieux, t'sais).
Mais s'il y a bien quelque chose que j'adore c'est partir de chez moi le matin bien tôt, me choisir une destination pour la journée, avoir mon sac à dos rempli des essentiels du baroudeur (mouchoirs, pique-nique, carnet et stylo, lunettes de soleil et parapluie) histoire de bien me sentir comme Indiana Jones et vamonos.
Bien sûr quand j'étais à Oxford j'ai dépensé quelques sous, mais pas tant quand on considère que les trois quarts des activités étaient gratuites, et que je n'ai vraiment payé que pour le logement, la nourriture et les jardins botaniques (£5). (Je n'aime pas trop trop le shopping en fait)(bon, j'ai rapporté deux/trois cartes postales pour la famille et encore).
Surtout, après avoir été vendeuse puis étudiante pendant 5 ans à Londres, je suis un peu la spécialiste des activités gratuites mais trop cools quand même. Et il y a de fortes chances pour que ta ville édite un journal avec les activités du mois, et sinon internet regorge souvent de ce genre de bons plans.
Quand bien même tu serais l'héritier de la troisième fortune de France laisse-moi te dire que le gratuit c'est bien, le gratuit c'est important. Visiter les marchés, les parcs, les expos, les galeries, se balader dans différents quartiers, avoir le réflexe de lever la tête pour découvrir tous ces détails architecturaux qui nous échappent, profiter des attractions que nos villes mettent en place, c'est tellement plus agréable.
Maintenant que je suis prof je gagne bien mieux ma vie, mais je reste vaguement effrayée par ces gens qui ont l'air de trouver normal de bosser comme des dingues toute la semaine pour ensuite claquer du vendredi soir au dimanche. Sortir du boulot et rejoindre des amis pour un premier verre, aller au cinéma, s'engouffrer dans un restaurant, trouver un autre endroit pour un autre verre, tenter un club, peut-être un deuxième, et recommencer le lendemain, pour ensuite enchaîner avec un brunch et un café le dimanche. Je connais des gens comme ça, et je suis toujours vaguement incrédule quand ils me racontent leurs soirées en ayant l'air d'avoir trouvé ça BIEN. Je ne juge pas, hein, je dis juste que lorsqu'ils me proposent de venir j'ai piscine.
Voyager seul(e), voyager gratuit, partir pour la journée, oublier le téléphone, ou ne l'utiliser que pour les photos, redécouvrir sa ville, son coin de campagne, avoir un peu mal aux jambes après et dormir mieux le soir. Puis recommencer.

Sidney Bechet - Si tu vois ma mère