Mercredi, 10h30:

Depuis mars dernier j'ai un Fitbit. Ce petit bracelet compte mes pas et traque mes battements cardiaques, calculant combien de calories je brûle et si mon sommeil est agité ou non. 

On ne m'otera cependant pas de l'idée que le truc le plus rigolo dans Fitbit c'est la prononciation, on dirait toujours qu'on dit vaguement "p'tite bite" et c'est assez cool.
Tu le sais, qu'on est censé faire 10 000 pas par jour, pas vrai? Comme toutes les recommandations sanitaires un peu artificielles ça ne correspond à rien ni à personne mais, hier, saches que j'ai marché plus de 23 000 pas (soit un peu plus de 16km) et que ça faisait un peu mal dans les guibolles sur le chemin du retour. (Une journée normale au boulot je peux ne faire que 6000 pas, alors souvent je descends du train plusieurs arrêts en avance pour arriver au compte)(c'est un peu ridicule mais ça m'occupe, alors que veux-tu).
Ce qu'il faut surtout retenir c'est qu'hier, enfin, il faisait beau. Et après ces quelques jours de pluie et de froid, sur un malentendu ça m'a quasi redonné foi en l'humanité, c'est dire comment le manque de vitamine D fait mal.

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Je suis partie de chez moi vachement tôt (11h)(j'ai pensé à vous dire que j'avais un petit peu du mal à me bouger le matin?) et j'ai atterri avec joie au Musée d'Histoire Naturelle où j'ai passé trois heures à séparer les animaux en deux catégories : les punks, qu'on reconnaît à leur crête, les non-punks, qu'on reconnaît parce que je les prend en photo quand même. (J'avais mon petit dalma en peluche, car sortir un animal mou de mon sac, le poser sur un rebord de reconstitution de dinosaure, prendre une photo et partir en ricanant c'est un peu mon dada).

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14h45:

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Une histoire drôle : le grand dino debout sur cette photo a été découvert en 1904 par des cow-boys, ils l'ont vendu au cirque Barnum pour $250 et un six-coup. Sacrés cow-boys. En conséquence de quoi, vendre leur pays à un milliardaire sociopathe ne doit pas les déranger plus que ça. Ce pays est tellement cool. #not
Quand je suis sortie du musée je suis allée à Central Park pour dire coucou aux écureuils et après une petite heure de marche je me suis replongée dans la grande ville. Central Park c'est vraiment comme aller à la surface, prendre une grande gorgée d'air puis repartir en apnée dans la ville qui pue. Je me sentais comme le Grand Bleu en baskets Nike, quoi.
16h35:
Grâce à mon sens de l'orientation proche de l'Ohio j'ai réussi à tripler le parcours de la ballade prévue, tellement même dans une ville en plan à damier je suis fichue de partir bravement dans toutes les mauvaises directions qui s'offrent à moi.
J'ai sans doute attrapé deux cancers et demi, à manger de la pollution par chaque pore de mon être, mais j'ai aussi fait des jolies photos que je montrerai peut-être un jour, j'en avais pris des sympas aussi en octobre dernier et elles hibernent toujours quelque part dans mon disque dur.
18h55:
Après avoir traversé Manhattan de part en part j'ai voulu retourner au Grey Dog. Pour plus de toasts et plus de frites. Mais c'était complet...
J'ai donc erré sans but et en pleurnichant jusqu'à tomber sur une pâtisserie française (Maison Kayser, est-ce que les Parisiens ou les Lyonnais connaissent?) où j'ai acheté une tarte aux pommes plus française que ça tu meurs.

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C'est dans des moments comme celui-là que je me dit que je ne rentrerai jamais en France. Si tu peux avoir la tarte abricots rôtis crème de pistache avec vue​ sur le Flat Iron building, pourquoi se fatiguer à revenir dans un pays plein de gens que je comprends quand ils parlent?
Car le voilà, le secret de mon expatriation réussie. Les Anglais sont sans doute tout aussi débiles, racistes et casse-pompons que nous quand ils causent. Mais en fermant bien les oreilles, eux, je ne les comprends pas.
(C'était "Les voyages forment la jeunesse et de toute façon moi j'aime pas les gens", une rubrique proposée par Aurélia Dalma qui, donc, n'aime pas les gens).